Trois morts, un malade en soins intensifs et deux membres d’équipage à évacuer d’urgence: le navire de croisière MV Hondius restait mardi au large de l’Afrique de l’Ouest, alors que les autorités sanitaires cherchaient un port d’accueil après l’apparition de cas de hantavirus à bord.
D’après Insider Paper, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que le bateau pouvait être dirigé depuis le Cap-Vert vers les îles Canaries, en Espagne. Les autorités espagnoles ont toutefois demandé des données sanitaires sur ce navire d’expédition avant d’autoriser son entrée dans un port. Le Cap-Vert, de son côté, avait déjà refusé l’accostage du bâtiment.
Selon l’OMS, deux cas de hantavirus ont été confirmés, dont un chez l’une des personnes décédées. Cinq autres cas restent suspects parmi les 147 passagers et membres d’équipage. Sur ces sept cas confirmés ou probables, trois personnes sont mortes, une se trouvait dans un état critique et trois autres ont présenté des symptômes plus légers, dont une personne désormais asymptomatique.
Le navire, exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, effectuait une croisière d’aventure entre Ushuaia, en Argentine, et le Cap-Vert. Le premier décès signalé concernait un homme néerlandais mort le 11 avril. Son épouse, également néerlandaise, a quitté le bateau à Sainte-Hélène pour accompagner sa dépouille, avant de mourir le 26 avril à Johannesburg, en Afrique du Sud, après avoir présenté des symptômes gastro-intestinaux et vu son état se dégrader pendant un vol le 25 avril. L’OMS a précisé qu’une recherche des contacts avait été lancée pour les personnes présentes sur ce vol.
Maria Van Kerkhove, directrice à l’OMS pour la préparation et la prévention des épidémies et pandémies, a déclaré que la priorité était désormais d’évacuer deux membres d’équipage malades, un Britannique et un Néerlandais, qui ont besoin de soins urgents, possiblement vers les Pays-Bas. L’opérateur du navire a aussi indiqué qu’un passager britannique était en soins intensifs à Johannesburg.
L’OMS cherche encore à déterminer comment le virus est apparu à bord. La transmission entre humains n’a été observée auparavant que pour un hantavirus précis, le virus Andes, présent en Amérique du Sud. Maria Van Kerkhove a précisé que l’espèce virale n’était pas encore confirmée, même si des chercheurs sud-africains travaillaient au séquençage et que l’hypothèse de travail de l’OMS était celle du virus Andes. Elle a aussi indiqué que l’agence onusienne avait été informée qu’il n’y avait pas de rats à bord. L’OMS estime à ce stade que le risque pour la population mondiale reste faible.


