Les bureaux de vote ont officiellement fermé leurs portes au Bénin, marquant la fin d’un scrutin présidentiel décisif pour l’avenir du pays. Alors que le dépouillement a débuté dimanche en fin d’après-midi, notamment dans la capitale économique Cotonou, les regards se tournent vers les instances électorales qui doivent livrer les résultats provisoires d’ici mardi.
Ce scrutin scelle le départ du président Patrice Talon, 67 ans, qui se retire après avoir effectué deux mandats consécutifs de cinq ans, conformément à la Constitution béninoise. Pour lui succéder, le camp au pouvoir a misé sur le ministre des Finances, Romuald Wadagni. Âgé de 49 ans, ce dernier aborde l’attente des résultats avec le statut de favori, fort du soutien explicite du chef de l’État sortant.
L’un des principaux enjeux de cette élection réside dans le taux de participation. Après une campagne électorale marquée par une certaine apathie des électeurs, la mobilisation dans les urnes reste une donnée cruciale pour le candidat du pouvoir. Dans un centre de vote aménagé au sein d’une école de Cotonou, Yvan Glidja, un électeur trentenaire, a d’ailleurs souligné l’importance de se déplacer massivement pour garantir la victoire de Romuald Wadagni.
De son côté, Patrice Talon a accompli son devoir citoyen dans le quartier de Zongo, sous les acclamations de ses partisans. À sa sortie de l’isoloir, le président sortant a exprimé son souhait de voir émerger « un Bénin grand et puissant dans lequel chacun trouve sa place ». S’il a réitéré son intention de se retirer de la vie publique et de ne pas chercher à influencer son successeur, il a toutefois tenu un propos nuancé, relayé par Al Jazeera : « Il est illusoire de penser que l’on peut passer au second plan. »
Face au candidat soutenu par le gouvernement, l’opposition est représentée par Paul Hounkpe. Ce dernier a dû s’appuyer sur les parrainages de législateurs de la majorité parlementaire pour valider sa présence sur les bulletins de vote. Depuis la commune de Bopa, dont il fut le maire, il a appelé l’ensemble des Béninois à accomplir leur devoir civique afin de « tourner une page » dans l’histoire du pays.
Le futur dirigeant héritera d’un cadre macroéconomique transformé, le produit intérieur brut (PIB) du Bénin ayant doublé au cours de la dernière décennie sous l’impulsion de multiples projets d’infrastructures. Néanmoins, d’importants écarts de richesse subsistent. Le nouveau président devra également faire face à une menace sécuritaire croissante dans le nord du pays, confronté aux violences du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une faction affiliée à Al-Qaïda dont l’influence déborde de la région du Sahel.


