À Dakar, lors d’un débat avec le géopolitologue Pascal Boniface, le Premier ministre Ousmane Sonko a vigoureusement défendu la souveraineté démographique de l’Afrique. Insistant sur le rôle stratégique de la jeunesse, il a appelé à « refuser qu’on nous impose certaines politiques de limitation de natalité », érigeant la démographie en levier central de puissance et de développement.
Le géopolitologue français Pascal Boniface a animé, jeudi à Dakar, un débat avec le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, au Musée des Civilisations noires, autour du thème : « Entre autonomie et patriotisme, l’espace peut être réduit ». Une rencontre marquée par une prise de position forte du chef du gouvernement sur la souveraineté démographique de l’Afrique.
Au cœur de son intervention, Ousmane Sonko a placé la question de la jeunesse comme un pilier incontournable de toute stratégie de souveraineté. « Cette souveraineté ne peut exister sans intégrer la question de la jeunesse », a-t-il affirmé, rappelant que l’Afrique demeure le continent le plus jeune au monde et le restera à l’horizon 2050. Pour lui, l’enjeu est clair : transformer ce potentiel en « dividende démographique » plutôt que de le laisser devenir « une bombe entre nos mains ».
Le Premier ministre a surtout mis en garde contre les politiques extérieures visant à freiner la croissance démographique africaine. « Il faut refuser qu’on nous impose certaines politiques de limitation de natalité », a-t-il martelé, dénonçant une perception erronée d’un continent supposément surpeuplé. À ses yeux, l’Afrique, avec ses 30 millions de km² pour environ 1,3 milliard d’habitants, reste largement sous-peuplée comparée à d’autres régions comme la Chine.
Dans un parallèle avec certains pays asiatiques, Ousmane Sonko a évoqué le risque de déclin démographique, citant notamment le Japon, confronté à une chute de sa population. Une situation qu’il présente comme un avertissement pour l’Afrique, appelée à valoriser son avantage démographique plutôt qu’à le restreindre.
Insistant sur la nécessité d’une stratégie proactive, il a conclu : « La jeunesse africaine n’est pas un problème à gérer, elle doit être une force à organiser. » Un message qui place la démographie au centre des enjeux de souveraineté, de développement et d’indépendance du continent.


