En Israël et à Jérusalem-Est occupée, plusieurs responsables religieux et centres de suivi font état d’une hausse des actes d’hostilité visant les chrétiens. La récente agression d’une religieuse française dans une rue de Jérusalem-Est s’inscrit, selon les éléments rapportés, dans une série d’incidents dénoncés par cette communauté présente dans la région depuis plus de 2 000 ans.
D’après Al Jazeera, environ 180 000 chrétiens vivent en Israël et près de 10 000 à Jérusalem-Est. Au-delà des attaques qui attirent l’attention, de nombreux fidèles évoquent des faits devenus récurrents au quotidien, notamment des crachats, des insultes et des graffitis visant des lieux ou symboles chrétiens. La majorité des chrétiens concernés dans la zone sont palestiniens, et près de la moitié des membres de cette communauté âgés de moins de 30 ans envisageraient de partir.
Les autorités israéliennes ont condamné l’agression de la religieuse, qualifiée d’acte « odieux » n’ayant « pas sa place » dans la société israélienne. Un homme a été arrêté dans cette affaire. Cette réaction intervient après l’arrestation de soldats israéliens accusés d’avoir brisé une statue chrétienne dans le sud du Liban le mois dernier. Mais plusieurs chercheurs estiment que la confiance envers l’État et la police reste très faible, ce qui contribuerait à la sous-déclaration des incidents.
Selon le Religious Freedom Data Center, centre animé par des bénévoles, les chrétiens ont signalé 31 incidents de harcèlement au cours des trois premiers mois de cette année, principalement des crachats ou des dégradations de biens religieux. L’an dernier, le Rossing Center for Education and Dialogue a recensé 113 attaques connues contre des personnes et des biens d’Église en Israël et à Jérusalem-Est occupée, dont 61 agressions physiques visant surtout des membres du clergé identifiables, comme des moines, religieuses, frères et prêtres.
Hana Bendcowsky, directrice de programme au Jerusalem Center for Jewish-Christian Relations, a déclaré que cette hostilité s’était nettement accentuée au cours des trois dernières années. Elle affirme que le ressentiment existait déjà auparavant, mais qu’il s’exprime désormais plus ouvertement. Un sondage cité par le Rossing Center indiquait l’an dernier que la majorité des attaques contre les chrétiens étaient attribuées à des Israéliens ultra-orthodoxes et ultra-nationalistes.
Rabbi Arik Ascherman, militant israélien pour la paix, a déclaré à Al Jazeera que « la haine et la tentative de harceler les non-Juifs par certains éléments, notamment des colons, ne connaissent pas de limites ». De son côté, l’analyste israélien Shaiel Ben-Ephraim a dit avoir constaté une montée de l’intolérance envers les chrétiens. Selon lui, cette évolution intervient alors que la politique israélienne s’est davantage tournée vers l’ultranationalisme sous le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec des voix d’extrême droite désormais intégrées au cœur du pouvoir.


