Face à la recrudescence des attaques armées dans le nord du Nigeria, les États-Unis ont procédé à un déploiement militaire significatif en début de semaine. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, une centaine de soldats américains sont arrivés sur le sol nigérian pour appuyer les forces locales, marquant une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre Washington et Abuja.
L’arrivée de ce contingent a été confirmée lundi par le général de brigade Samaila Uba, porte-parole du Quartier général de la Défense du Nigeria. Les troupes ont pris leurs quartiers dans l’État de Bauchi, une zone stratégique du nord-est du pays. Ce déploiement intervient alors que les factions liées à Boko Haram et à l’État islamique (EI) intensifient leurs opérations, comme en témoigne le récent massacre dans le village de Konkoso, où au moins 38 personnes ont perdu la vie.
Cependant, le mandat de ces soldats américains est encadré par une restriction majeure. Contrairement à certaines attentes ou spéculations sur une intervention directe, le général Uba a précisé que les militaires américains ne joueront aucun rôle de combat. Leur mission est strictement limitée au « soutien technique » et au « partage de renseignements ». Ils opéreront sous l’autorité totale du commandement nigérian, avec pour objectif de former et conseiller les troupes locales pour dégrader les capacités des groupes armés.
Ce renforcement de la coopération survient après une période de tensions diplomatiques l’année dernière. L’ancien président américain Donald Trump avait accusé le gouvernement nigérian de ne pas protéger suffisamment les chrétiens et avait évoqué la possibilité d’une intervention militaire. Les autorités nigérianes avaient rejeté ces accusations, rappelant que la violence des groupes armés frappe indistinctement toutes les communautés, y compris la majorité musulmane du nord.
Outre le personnel, Washington a également acheminé du matériel associé pour soutenir cette mission. Ce dispositif s’ajoute aux frappes aériennes menées en décembre dernier par les forces américaines contre des combattants affiliés à l’EI dans le nord-ouest du pays, confirmant la volonté des États-Unis de maintenir une présence active, mais calibrée, dans la lutte contre l’insécurité en Afrique de l’Ouest.


