L’armée américaine a annoncé mardi le lancement de « Project Freedom », une opération navale présentée comme destinée à sécuriser le passage des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, au cœur de fortes tensions entre Washington et Téhéran. Les autorités américaines affirment que l’initiative vise à rouvrir un corridor maritime alors que des milliers de bâtiments restent bloqués dans le Golfe.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un porte-parole du Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué que l’opération, menée par l’US Navy, venait de commencer. Le détroit d’Ormuz est devenu un point central de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, engagée le 28 février, avec des perturbations qui ont contribué à faire monter les prix des matières premières dans le monde.
Washington affirme que l’Iran a de fait fermé le passage en menaçant d’y déployer des mines, des drones, des missiles et des vedettes rapides. En réponse, les États-Unis disent avoir bloqué des ports iraniens et organisé des transits escortés pour des navires marchands. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré mardi au Pentagone que l’opération avait pour objectif de rouvrir le détroit et de permettre le passage de milliers de navires commerciaux immobilisés. Il a ajouté que la mission était, selon ses termes, défensive, temporaire et limitée, sans nécessité d’entrer dans les eaux ou l’espace aérien iraniens.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a, de son côté, déclaré lors d’une conférence de presse à Washington que 10 marins civils avaient péri dans le conflit en cours dans le détroit d’Ormuz. Il a aussi affirmé que l’US Navy avait détruit sept embarcations rapides iraniennes dans la zone. Le président américain Donald Trump a assuré que l’Iran ne contrôlait pas le détroit, tandis que M. Hegseth a affirmé que deux navires commerciaux américains, accompagnés de bâtiments de guerre, l’avaient déjà traversé.
L’Iran a contesté qu’un tel passage ait eu lieu. Toutefois, la compagnie maritime Maersk a indiqué que l’Alliance Fairfax, un navire battant pavillon américain, avait quitté le Golfe lundi sous escorte militaire américaine. Téhéran a aussi confirmé avoir tiré des coups de semonce contre un navire de guerre américain approchant du détroit, l’obligeant selon elle à rebrousser chemin. Mardi, les Gardiens de la révolution ont averti les navires de rester dans les couloirs qu’ils avaient fixés, sous peine d’une « réponse décisive ».
Dans le même temps, plusieurs navires marchands dans le Golfe ont signalé lundi des explosions ou des incendies. Les Émirats arabes unis ont affirmé avoir été visés par une attaque iranienne contre un terminal pétrolier, ce que l’armée iranienne a nié mardi. Le chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Caine, a pour sa part déclaré que plus de 1 500 navires transportant environ 22 500 membres d’équipage restaient bloqués à l’intérieur du Golfe.


