L’appareil sécuritaire américain renforce sa coopération en Afrique du Nord à travers une nouvelle initiative de renforcement des capacités tactiques. Ce projet, conçu pour doter plusieurs armées du continent de compétences opérationnelles ciblées, s’appuiera sur les infrastructures d’un allié stratégique de Washington.
Selon les éléments rapportés par l’Agence Afrique, les États-Unis vont mettre en place au Maroc un centre de formation exclusivement dédié à l’utilisation des drones pour les opérateurs africains. L’annonce a été formulée par le général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique, lors du récent sommet des forces terrestres africaines (SETAF) organisé à Rome.
Le déploiement initial de ce programme est programmé pour coïncider avec l’édition 2026 de l’exercice militaire Africa Lion. Ces manœuvres de grande envergure, prévues entre avril et mai, se dérouleront simultanément au Maroc, en Tunisie, au Ghana et au Sénégal. Notre rédaction note que cet événement rassemblera plus de 10 000 militaires issus de 20 nations. Dans ce cadre précis, un premier module d’instruction consacré aux aéronefs sans pilote sera dispensé à une quinzaine de participants.
L’objectif affiché par le commandement américain est de développer une expertise technique pérenne. D’après le général Donahue, cette capacité, une fois son efficacité validée, a vocation à être étendue à d’autres régions du continent. Le futur pôle marocain fonctionnera également comme un espace d’échange d’informations tactiques pour permettre aux acteurs africains d’identifier et de traiter conjointement les défis sécuritaires régionaux.
Cette implantation s’inscrit dans une réorganisation plus large de la présence militaire américaine. Le général Dagvin Anderson, actuel chef de l’AFRICOM, avait souligné lors de son audition au Sénat américain que Rabat est appelé à occuper une place centrale dans le nouveau dispositif de Washington. Des discussions sont d’ailleurs évoquées dans la presse américaine quant à la possibilité pour le Maroc d’accueillir le futur quartier général d’un commandement militaire indépendant pour les opérations en Afrique. Une dynamique qui intervient alors que les États-Unis ajustent actuellement leur approche sécuritaire sur le continent.
Le choix du site repose sur le développement technologique du pays hôte. Selon les données spécialisées citées par le portail siliconvalley.ma, le Maroc s’est imposé en une décennie comme le principal acteur nord-africain dans le domaine des drones. Cette intégration des engins sans pilote dans ses protocoles de défense et ses stratégies civiles s’appuie sur son statut d’allié majeur des États-Unis hors OTAN, un rang dont le pays bénéficie depuis juin 2004.


