Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en déplacement officiel à Bratislava, a tenu à dissiper les inquiétudes persistantes concernant l’engagement des États-Unis au sein de l’Alliance atlantique. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre slovaque Robert Fico, le chef de la diplomatie américaine a posé les jalons de la politique étrangère de l’administration Trump vis-à-vis de l’Europe, en insistant sur une redéfinition des rôles plutôt que sur une rupture.
Selon l’agence Anadolu, Marco Rubio a été catégorique sur la question centrale du maintien de Washington dans l’organisation militaire. « Nous ne quittons pas l’Otan. Nous ne la quittons pas », a-t-il martelé, cherchant à couper court aux spéculations qui interprètent les demandes de contribution financière accrue comme un prélude à un désengagement. Pour le responsable américain, les mouvements de troupes, qui peuvent impliquer le déplacement de « quelques milliers de soldats d’un pays à un autre », relèvent de la gestion opérationnelle classique et ne doivent pas être confondus avec un abandon politique.
L’administration américaine défend désormais une vision où le renforcement des capacités militaires européennes n’est plus perçu comme une concurrence, mais comme un atout. Marco Rubio a précisé que Washington ne considère pas comme « hostile » le développement de capacités propres à l’OTAN par les Européens, à condition que cela se fasse en coordination avec les États-Unis. Cette approche vise à transformer la nature du lien transatlantique : « Nous ne demandons pas à l’Europe d’être un vassal des États-Unis. Nous voulons être votre partenaire », a souligné le secrétaire d’État, ajoutant que plus les alliés sont forts individuellement, plus l’alliance est forte collectivement.
Au-delà de la doctrine générale, cette visite a permis de mettre en lumière la nouvelle géographie prioritaire de la Maison Blanche. Marco Rubio a indiqué que sous la présidence de Donald Trump, l’Europe centrale, et spécifiquement la Slovaquie, deviendra un « élément clé » de l’engagement américain sur le continent. Cette convergence d’intérêts s’est matérialisée par le choix de Bratislava d’acquérir des avions de combat F-16, une décision saluée par Washington comme une opportunité de coopération concrète.

