Le détroit d’Ormuz, passage névralgique par lequel transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, est le théâtre d’une nouvelle escalade tactique. Les services de renseignement américains ont détecté une modification des opérations maritimes menées par Téhéran, visant à restreindre l’accès à ce corridor stratégique.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, citant des responsables américains interrogés par le New York Times, l’Iran a entamé une campagne de pose de mines dans le détroit en s’appuyant sur de petites embarcations. Ce changement de méthode intervient après la destruction, par les forces américaines, de navires iraniens de plus grand tonnage initialement conçus pour un déploiement rapide d’explosifs sous-marins.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique mobilise désormais des centaines de ces petits bateaux, traditionnellement utilisés pour harceler les bâtiments de la marine américaine ou les navires commerciaux. Si les responsables américains évaluent cette nouvelle campagne de minage comme lente et peu efficace pour le moment, l’objectif de Téhéran serait de poser ces dispositifs plus rapidement qu’ils ne peuvent être neutralisés, afin de dissuader le trafic maritime mondial.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de haute tension. Le 28 février dernier, à la suite d’attaques conjointes des États-Unis et d’Israël, l’Iran avait annoncé la fermeture du détroit. Cette situation a engendré des perturbations du trafic maritime et une hausse des prix du pétrole. Depuis cette date, plusieurs navires ont été touchés dans la zone, et certaines de ces attaques ont été revendiquées par la partie iranienne.
Les déclarations officielles à Téhéran présentent des positions contrastées. Mardi, Majid Takht-Ravanchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a formellement démenti les opérations de minage en cours. À l’inverse, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi, lors de sa première prise de parole depuis le début du conflit, que « le levier du blocage du détroit d’Ormuz doit continuer d’être utilisé ».
En réponse à ces activités, les forces américaines ont ciblé 16 navires iraniens soupçonnés de participer à la pose de mines. De son côté, Donald Trump a adressé une mise en garde directe, affirmant que l’Iran s’exposerait à de graves conséquences en cas de blocage continu des flux pétroliers. L’armée et les services de renseignement américains maintiennent une surveillance accrue sur ce détroit, point de passage essentiel pour le commerce mondial de brut et de gaz naturel liquéfié.

