Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a annoncé, lundi à Dakar, l’engagement de l’État dans une « réforme approfondie et courageuse » de la politique des bourses d’études, destinée à mieux valoriser le mérite et la performance académique, tout en préservant l’équité sociale.
S’exprimant à l’ouverture d’un atelier national consacré à la préparation de cette nouvelle politique, le ministre a souligné que le dispositif actuel, régi essentiellement par le décret n°2014-963 du 12 août 2014, fait face à de nombreux défis. Il a notamment évoqué l’augmentation constante des effectifs étudiants, les contraintes budgétaires, les exigences accrues de qualité et de performance académique, ainsi que les nouvelles orientations stratégiques de l’État.
Tout en rappelant que la politique de bourses constitue un levier fondamental d’équité et de justice sociale, permettant aux étudiants issus de milieux modestes d’accéder à l’enseignement supérieur et d’y réussir, Daouda Ngom a estimé qu’une réflexion globale s’impose sur la soutenabilité, l’efficacité et l’équité du système actuel.
Selon le ministre, il ne s’agit pas simplement de réviser un texte réglementaire, mais de repenser de manière concertée une politique publique structurante, en l’alignant sur les priorités nationales de développement, la vision Sénégal 2050 et les principes de bonne gouvernance.
La réforme, a-t-il précisé dans les colonnes de l’APS visitée par Senego, devra répondre à plusieurs impératifs majeurs. Elle devra d’abord garantir une meilleure équité sociale, à travers une prise en compte plus fine des critères sociaux, tout en valorisant le mérite et la performance académique. Elle devra également assurer la soutenabilité financière du système, afin d’en garantir la pérennité et d’éviter les tensions récurrentes liées au paiement des allocations.
Enfin, cette refonte devra contribuer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur, en encourageant la réussite des étudiants, la régularité des parcours universitaires et l’orientation vers les filières prioritaires pour le développement national.
L’atelier, prévu sur deux jours, se veut inclusif et participatif. Il réunit l’ensemble des parties prenantes, notamment les administrations publiques, les universités, les établissements privés d’enseignement supérieur, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile ainsi que des représentants des étudiants.
Cette diversité d’acteurs vise à favoriser un dialogue franc, constructif et responsable, fondé sur des données objectives, des expériences vécues et une vision partagée de l’intérêt général. Les conclusions et recommandations attendues devront être équilibrées et opérationnelles, afin de concilier les attentes légitimes des étudiants, les capacités financières de l’État et les exigences de performance du système.
Le document final issu de ces travaux servira de base à l’élaboration d’une nouvelle politique nationale de bourses et à la révision du cadre réglementaire qui l’accompagne, a conclu le ministre.


