New Delhi accueille cette semaine un sommet international majeur dédié à l’intelligence artificielle, conçu pour positionner l’Inde comme un acteur incontournable du secteur technologique mondial. Alors que le Premier ministre Narendra Modi recevait des délégations étrangères et des investisseurs de premier plan, l’événement a été percuté par un incident inattendu sur un stand universitaire. Une présentation présentée comme une innovation locale a rapidement été contredite par des observateurs techniques, entraînant une réaction en chaîne jusqu’au sommet de l’État.
L’incident s’est produit au stand de l’Université Galgotias. Interrogée par le diffuseur public DD News, Neha Singh, professeure en communication au sein de l’établissement, a présenté un chien-robot baptisé « Orion ». Face caméra, l’universitaire a affirmé que la machine avait été « développée par le Centre d’Excellence » de l’université, invitant les spectateurs à découvrir cette réalisation présentée comme une prouesse interne.
La séquence a immédiatement attiré l’attention des spécialistes du secteur sur les réseaux sociaux. L’identification du matériel a été rapide : il ne s’agissait pas d’une création indienne, mais du modèle Unitree Go2, un robot produit par la société chinoise Unitree Robotics. Ce modèle est disponible sur le marché international pour environ 2 800 dollars et est couramment utilisé dans la recherche éducative à travers le monde.
**Une communication gouvernementale prise de court**
La confusion a gagné la sphère politique lorsque le ministre de l’Électronique et des Technologies de l’information, Ashwini Vaishnaw, a relayé la vidéo de la présentation sur son compte officiel, saluant implicitement l’avancée technologique. Devant l’accumulation des preuves sur l’origine chinoise du matériel, le ministre a supprimé sa publication, mais la suppression n’a pas endigué les réactions.
L’opposition politique s’est saisie de l’affaire pour critiquer la gestion de l’image technologique du pays. Le parti du Congrès a qualifié l’épisode d’embarrassant, accusant le gouvernement de permettre que des robots chinois soient exposés comme des productions nationales lors d’un sommet censé célébrer le « Made in India ». Selon Al Jazeera, le parti a dénoncé une situation qui tourne le pays en dérision sur la scène mondiale.
Face à l’ampleur des réactions, l’Université Galgotias a publié un communiqué via la plateforme X. L’établissement soutient désormais n’avoir jamais revendiqué la construction du robot, contredisant les propos tenus par sa propre professeure dans la vidéo diffusée. L’institution précise que son objectif est de former des esprits capables, à terme, de concevoir de telles technologies.
Malgré ce contrecoup médiatique, le sommet « India AI Impact » poursuit ses travaux jusqu’à samedi. L’événement a déjà permis d’enregistrer des promesses d’investissement dépassant les 100 milliards de dollars pour le secteur de l’IA en Inde, avec la participation de géants technologiques comme Microsoft et le groupe Adani.


