Les échanges diplomatiques s’accompagnent parfois de prises de parole qui dérogent aux usages traditionnels. Devant la représentation nationale française, le sénateur Claude Malhuret a livré une analyse particulièrement sévère de la nouvelle administration américaine. L’élu a dressé un tableau critique des choix politiques de Washington, allant jusqu’à formuler de lourdes allégations sur les véritables motivations des récentes opérations militaires déployées à l’étranger.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le parlementaire a d’abord ciblé la composition du cabinet de Donald Trump. Rompant avec la réserve institutionnelle, il a qualifié l’équipe gouvernementale américaine de « cour des miracles », rectifiant sa propre comparaison initiale avec la cour de Néron. Pour étayer son propos, Claude Malhuret a énuméré plusieurs nominations spécifiques, évoquant notamment un ministre de la Santé « anti-vax, ancien héroïnomane », un ministre de l’Écologie « climato-sceptique » et un ministre des Armées décrit comme un « animateur télé alcoolique ».
L’élu a illustré sa perception de la dynamique institutionnelle actuelle à Washington en convoquant un proverbe turc : « Quand un clown s’installe dans un palais, il ne devient pas roi, c’est le palais qui devient un cirque. »
Outre la politique intérieure, le discours s’est porté sur les orientations stratégiques et sécuritaires des États-Unis. Le sénateur a vivement critiqué la création d’un « Conseil de la Paix » par la nouvelle administration, qualifiant cette initiative de tentative de mise en place d’un « concurrent de l’ONU ».
Cette refonte diplomatique s’accompagne, selon lui, d’une intensification notable des opérations extérieures. Affirmant que l’exécutif actuel a « déclenché plus de frappes militaires que Biden durant tout son mandat », Claude Malhuret a accusé l’administration américaine d’instrumentaliser son appareil de défense à des fins de communication interne.
L’accusation centrale du sénateur repose sur l’idée d’une manœuvre militaire visant à étouffer des polémiques nationales récurrentes. « Chaque fois que l’affaire Epstein ressurgit, les bombes explosent quelque part dans le monde et font diversion », a-t-il affirmé devant ses pairs.
Ces déclarations prononcées au sein de la chambre haute française mettent en lumière la méfiance publiquement exprimée par une partie de la classe politique européenne face au discours et aux décisions stratégiques de l’actuelle administration américaine.

