L’émotion suscitée par la tragédie de Bondi Beach ne s’est pas estompée à Canberra. Rappelés de leurs congés d’été pour une session extraordinaire, les parlementaires australiens devaient se prononcer sur un arsenal sécuritaire destiné à empêcher la réitération de tels événements. Une séance sous haute tension qui a abouti à un vote susceptible de redéfinir le paysage de la sécurité intérieure du pays.
Le traumatisme remonte au 14 décembre dernier. Lors d’une célébration de Hanoukka sur la célèbre plage de Bondi à Sydney, une fusillade de masse avait coûté la vie à quinze personnes, majoritairement de confession juive. Les assaillants, Sajid Akram et son fils Naveed, soupçonnés d’être inspirés par le groupe État islamique (EI), avaient semé la terreur avant d’être désarmés par un citoyen, Ahmed al-Ahmed, salué depuis comme un héros.
Face à ce bilan lourd, la Chambre des représentants a validé, ce mardi, un ensemble de mesures strictes. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les députés ont voté en faveur d’un nouveau programme national de rachat d’armes et d’un durcissement des contrôles pour l’obtention de permis. Ces nouvelles règles permettront notamment d’inclure les avis des services de renseignement dans les vérifications d’antécédents.
Le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, a justifié cette réforme en soulignant que l’attaque avait été perpétrée par des individus ayant « de la haine dans le cœur et des armes à la main ». Pour le gouvernement travailliste dirigé par le Premier ministre Anthony Albanese, il s’agit de contrer simultanément « la motivation et la méthode » des terroristes potentiels.
Si la répression des crimes de haine a trouvé un écho favorable auprès de l’opposition libérale, le volet sur le contrôle des armes divise davantage. Andrew Wallace, procureur général du cabinet fantôme, a dénoncé ce qu’il considère comme du « mépris » envers le million de propriétaires d’armes en Australie. Toutefois, le soutien des Verts devrait permettre l’adoption définitive des textes lors du passage devant le Sénat, prévu plus tard dans la journée.


