Alors que l’offensive militaire américano-israélienne en Iran entre dans son deuxième mois, le fils de l’ancien chah d’Iran s’est positionné au cœur du débat politique américain. Lors de la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) organisée au Texas ce samedi, Reza Pahlavi a pris la parole devant les partisans de la droite américaine pour formuler des exigences précises concernant l’avenir de son pays d’origine.
Devant le public réuni à Grapevine, Reza Pahlavi a exhorté le président américain Donald Trump à ne conclure aucun accord avec le gouvernement iranien actuel. Il a plaidé ouvertement pour un changement de régime. Reprenant à son compte le célèbre slogan politique américain, le prince héritier autoproclamé a déclaré : « Le président Trump redonne sa grandeur à l’Amérique. J’ai l’intention de redonner sa grandeur à l’Iran », déclenchant une ovation de l’auditoire, selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera.
Cette intervention survient à la date anniversaire du premier mois de l’offensive contre l’Iran. Le conflit a déjà coûté la vie à au moins 1 937 personnes en Iran, faisant également des dizaines de milliers de blessés. Si Reza Pahlavi bénéficie d’une base de partisans dans la diaspora iranienne, d’autres exilés critiquent son soutien à une guerre qui frappe lourdement les civils.
L’alignement de Reza Pahlavi sur les figures les plus offensives de l’administration américaine contraste avec les récentes déclarations de Donald Trump. Plus tôt ce mois-ci, le président américain avait tempéré l’idée d’un rôle central pour le fils de l’ancien chah — expulsé lors de la révolution de 1979 — en cas de chute du gouvernement iranien. Donald Trump avait indiqué que Reza Pahlavi manquait de popularité en Iran, estimant qu’une personnalité issue de l’intérieur du pays serait « plus appropriée ».
Al Jazeera souligne par ailleurs que la question iranienne révèle des fractures au sein de la droite américaine, visibles lors de cette même conférence CPAC. Un sondage du Pew Research Center indique que 71 % des électeurs républicains estiment que les États-Unis ont pris la bonne décision en attaquant l’Iran, bien que 59 % de l’ensemble des électeurs américains s’opposaient aux frappes initiales. Toutefois, des voix influentes du camp conservateur, telles que Tucker Carlson et Steve Bannon, se positionnent en critiques de cette guerre. Des militants plus jeunes, à l’image du groupe Young Americans for Liberty, dénoncent cette implication militaire à l’étranger comme une trahison de la politique « America First » promise par Donald Trump.


