La campagne militaire menée conjointement par les États-Unis et Israël sur le territoire iranien vient de franchir une nouvelle étape. Alors que le pays célèbre le Nouvel An persan et l’Aïd el-Fitr dans un climat décrit comme silencieux, la liste des hauts dirigeants ciblés par des frappes meurtrières continue de s’allonger.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Ali Mohammad Naini, a été tué lors de frappes nocturnes dans l’est de Téhéran. Le général de brigade de 68 ans a perdu la vie à l’aube de ce vendredi, une mort confirmée par une déclaration officielle de l’institution militaire iranienne.
Ce décès survient dans une séquence temporelle particulièrement resserrée. Quelques heures avant l’attaque, l’officier apparaissait à la télévision nationale pour affirmer que l’industrie balistique du pays méritait « une note parfaite » et que la production de missiles se poursuivait malgré le contexte de guerre. Une intervention qui répondait indirectement aux déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lequel affirmait jeudi que la capacité de fabrication de missiles balistiques et d’enrichissement d’uranium de Téhéran était désormais anéantie.
Cette opération s’inscrit dans une série d’éliminations de personnalités de premier plan survenues en moins de trois semaines, décapitant une grande partie de l’appareil d’État. La campagne a débuté par la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, depuis remplacé par son fils Mojtaba Khamenei. La même dynamique a récemment coûté la vie à Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, au général de brigade Gholamreza Soleimani, chef des forces paramilitaires du Bassidj, ainsi qu’au ministre du Renseignement, Esmail Khatib.
Du côté de Washington, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a publiquement souligné la dangerosité d’occuper actuellement un poste de direction au sein du CGRI ou du Bassidj. Toutefois, la directrice du renseignement national américain, Tulsi Gabbard, a précisé devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants que les objectifs des deux alliés présentaient des nuances. Si Israël se concentre sur la neutralisation physique des dirigeants iraniens, les buts fixés par Donald Trump visent spécifiquement la destruction des capacités balistiques et de la marine du pays.
Face à cette offensive, que Benjamin Netanyahu présente comme une opportunité pour la population de reprendre le contrôle du pays, les autorités iraniennes maintiennent leur posture. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a formellement indiqué que l’absence d’un individu, quel qu’il soit, n’affecte en rien la continuité et la solidité de la structure politique de l’État.


