Près d’un mois après le déclenchement des hostilités par les États-Unis et Israël le 28 février, le conflit avec l’Iran fait l’objet de communications diamétralement opposées. Alors que Washington fait état de discussions en cours pour mettre fin à la guerre, les autorités iraniennes rejettent publiquement l’existence de ces échanges.
Le président américain Donald Trump a affirmé que des négociations « productives » se sont tenues avec un haut responsable iranien. Selon Al Jazeera, le locataire de la Maison-Blanche a évoqué des « points d’accord majeurs » et fixé un délai de cinq jours pour obtenir une réponse positive de Téhéran. Cette échéance correspond à la clôture hebdomadaire des marchés boursiers américains.
Du côté de Téhéran, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf — identifié par certains observateurs comme l’interlocuteur auquel Donald Trump faisait référence —, a formellement démenti. Il a déclaré sur les réseaux sociaux qu’aucune négociation n’a eu lieu. Le responsable politique a qualifié les propos américains de fausses informations dont l’unique but est de manipuler les marchés financiers et pétroliers, tout en cherchant une porte de sortie pour les États-Unis et Israël.
Le contexte économique pèse directement sur ces déclarations croisées. Les prix du pétrole ont connu de fortes fluctuations ces deux dernières semaines, atteignant jusqu’à 120 dollars le baril. Face à cette situation, l’administration américaine a délivré des dérogations temporaires aux sanctions sur une partie du pétrole iranien, une première depuis 2019. L’objectif de la stratégie iranienne est justement de maintenir cette pression économique sur les États-Unis pour s’en servir de force de dissuasion contre de futures attaques.
Sur le terrain, le gouvernement iranien fait état de plus de 1 500 morts à travers le pays et d’infrastructures lourdement endommagées. Au sein de l’appareil d’État iranien, la ligne dure privilégie la poursuite du conflit, misant sur un potentiel épuisement des stocks d’intercepteurs israéliens. D’autres voix, plus modérées, envisagent la possibilité d’un accord en échange de concessions, telles que la garantie de non-agression ou une autorité accrue sur le détroit d’Ormuz. Aux États-Unis, la hausse du prix du carburant impacte les consommateurs à l’approche des élections parlementaires de fin d’année.


