À l’occasion de l’ouverture du dialogue national annuel à Kigali, le président rwandais Paul Kagame a affiché une posture de défi face aux pressions internationales, notamment celles émanant des États-Unis. Washington menace d’imposer des sanctions pour contraindre Kigali à mettre fin à son soutien présumé aux rebelles de l’AFC/M23 et à retirer ses troupes du territoire de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans son discours prononcé jeudi dans la capitale rwandaise, Paul Kagame a dénoncé ce qu’il considère comme des injonctions répétées de la communauté internationale. Il a déclaré que son pays faisait l’objet de « menaces » constantes, estimant que ces pressions deviennent « étouffantes ». Le chef de l’État a affirmé préférer « assumer une position de résistance » plutôt que de céder à ce qu’il qualifie de « diktats ».
Kigali justifie son implication dans l’est de la RDC par des impératifs sécuritaires. Selon Paul Kagame, la présence rwandaise vise à se prémunir contre une milice hostile qu’il présente comme liée aux responsables du génocide de 1994 — une version contestée par les autorités congolaises. Le président rwandais estime que la pression internationale devrait davantage s’exercer sur Kinshasa, qu’il accuse de ne pas fournir les efforts nécessaires pour résoudre la crise sécuritaire.
Paul Kagame a également rejeté les accusations d’exploitation des ressources minières congolaises par le Rwanda. Il a affirmé que si tel était l’objectif, son pays serait « cent fois plus riche ». Malgré ces déclarations, la pression diplomatique se maintient. Le 22 janvier dernier, une sous-commission de la Chambre des représentants des États-Unis chargée des affaires étrangères a exprimé un soutien bipartisan à l’adoption de nouvelles sanctions contre Kigali, signe que le dossier reste sensible sur la scène internationale.


