La tension entre Washington et Téhéran franchit un nouveau palier autour du blocage du détroit d’Ormuz. À la suite d’un ultimatum lancé par les États-Unis, les autorités iraniennes ont défini avec précision le périmètre de leur riposte militaire si leur territoire venait à être frappé.
Le président américain Donald Trump a accordé un délai de 48 heures à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant de détruire les centrales électriques du pays en cas de refus. Face à cette déclaration, la réponse de Téhéran s’oriente vers une escalade régionale ciblant directement les ressources économiques.
Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a annoncé que toute frappe contre les centrales électriques iraniennes entraînerait la destruction « irréversible » des infrastructures vitales de la région. La cible désignée englobe l’ensemble des installations énergétiques et pétrolières du Moyen-Orient, avec pour conséquence annoncée une hausse durable des prix du pétrole. Un porte-parole des forces armées iraniennes a précisé que les usines de dessalement et les sites énergétiques liés aux intérêts américains subiraient également des attaques de représailles.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, est sous blocus iranien depuis les attaques menées par les États-Unis et Israël le 28 février dernier. Le représentant iranien auprès de l’Organisation maritime internationale indique que la voie navigable reste ouverte, mais en sont exclus les navires liés aux « ennemis de l’Iran ». Cette situation a déclenché la plus grave crise pétrolière depuis les années 1970.
Dans le cadre de ce conflit qui entre dans sa quatrième semaine, Téhéran a déjà mené des frappes de drones et de missiles vers Israël, la Jordanie, l’Irak et plusieurs pays du Golfe, affirmant viser des actifs militaires américains. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exhorté les dirigeants mondiaux à rejoindre l’offensive contre l’Iran. S’exprimant depuis la ville d’Arad, il a accusé Téhéran de cibler des civils et de posséder la capacité de frapper en profondeur le continent européen.
Sur le front diplomatique, des tentatives de médiation s’organisent en coulisses. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a initié une série d’échanges téléphoniques avec ses homologues iranien Abbas Araqchi et égyptien Badr Abdelatty, ainsi qu’avec la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et des responsables américains, dans le but d’étudier les mécanismes permettant de mettre fin aux hostilités.


