Le climat sécuritaire au Niger reste au cœur des préoccupations internationales plusieurs jours après l’incursion armée ayant visé des installations stratégiques de la capitale. Alors que les réactions diplomatiques et militaires se sont multipliées ces derniers jours, une nouvelle voix influente de la sphère religieuse et diplomatique vient d’apporter son soutien officiel aux autorités de la transition.
C’est par le biais d’un communiqué relayé par Anadolu que la Ligue Islamique mondiale a brisé le silence ce mercredi. L’organisation, basée en Arabie saoudite, a tenu à marquer sa solidarité avec Niamey suite à l’attaque perpétrée fin janvier contre l’aéroport international Diori Hamani. Le Secrétaire général de l’institution, Cheikh Mohammed Ben Abdelkarim Alissa, a condamné « fermement » cet acte, réaffirmant le rejet par son organisation de « la violence et du terrorisme sous toutes ses formes et prétextes ». Cette prise de position place la Ligue aux côtés de l’Union africaine, de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de la Russie, qui avaient déjà manifesté leur soutien.
L’événement déclencheur remonte à la nuit du 28 au 29 janvier. Des hommes armés ont ciblé la base aérienne 101, contiguë à l’aéroport civil et abritant une partie de l’arsenal de l’armée de l’air nigérienne. Les affrontements, marqués par de fortes détonations audibles à plusieurs kilomètres, se sont soldés par un bilan matériel et humain précis communiqué par le ministère nigérien de la Défense : vingt assaillants neutralisés et onze interpellés. Côté loyaliste, quatre militaires ont été blessés, tandis que trois aéronefs civils et un dépôt de munitions ont subi des dommages.
Sur le plan politique, cette attaque a immédiatement ravivé les tensions régionales. Lors de son déplacement sur les lieux, le général Abdourahamane Tiani a salué la riposte des forces nationales appuyées par les « partenaires russes », tout en pointant directement du doigt des acteurs extérieurs. Le chef de l’État nigérien a explicitement accusé les présidents français Emmanuel Macron, béninois Patrice Talon et ivoirien Alassane Ouattara d’être les « sponsors » de cette opération. Des allégations que les gouvernements de Côte d’Ivoire et du Bénin ont formellement rejetées vendredi dernier.
L’identité des assaillants, quant à elle, a fait l’objet d’une communication spécifique via les canaux de surveillance du djihadisme. Selon le « Site Intelligence Group », l’organisation État islamique (Daech) a revendiqué l’assaut, sans toutefois fournir de détails sur le mode opératoire ayant permis de pénétrer ce périmètre hautement sécurisé.

