L’agenda diplomatique continental se cristallise autour du 39e sommet de l’Union Africaine, prévu ces 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba. Si les enjeux sécuritaires et économiques habituels figurent au programme, les discussions de couloirs et les tractations officielles se focalisent sur un dossier majeur : la succession au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Au centre de ce jeu d’influence, l’ancien chef de l’État sénégalais, Macky Sall, dispose d’une voie royale tracée par ses pairs, mais il refuse pour l’heure de l’emprunter sans lever un préalable personnel.
La dynamique internationale semble pourtant acquise. Selon les informations rapportées par nos confrères d’Emedia, la candidature de l’ancien président bénéficie d’un alignement de planètes rare. L’Union Africaine porte le dossier, soutenue par un large consensus incluant des capitales européennes, américaines et les monarchies du Golfe. Des figures influentes du continent, à l’instar de Denis Sassou Nguesso du Congo et d’Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, ont déjà acté leur soutien, voyant en lui le profil idoine pour représenter l’Afrique au sommet de la diplomatie mondiale.
Cependant, une variable manque à l’équation, et elle ne dépend pas de New York ou de Bruxelles, mais de Dakar. Macky Sall a fait savoir qu’il ne franchirait pas le pas sans le soutien explicite du Sénégal. Cette posture, qualifiée de « question de principe » par son entourage, introduit une nuance de taille dans le processus : politiquement, il refuse d’être le candidat de l’Afrique sans être d’abord celui de son propre pays.
Sur le plan strictement technique, rien n’oblige l’ancien président à attendre cet aval. Aucune disposition juridique des Nations Unies n’impose à un candidat d’être parrainé par son gouvernement d’origine pour déposer son dossier. Macky Sall pourrait, en théorie, s’appuyer uniquement sur le parrainage de l’Union Africaine et de ses alliés internationaux. Son refus d’ignorer la position officielle de Dakar place désormais la balle dans le camp des autorités sénégalaises, dont la position sera scrutée de près lors du sommet en Éthiopie.


