La situation humanitaire dans le nord de la Syrie connaît une évolution notable en cette fin de semaine. Alors que la ville d’Ain al-Arab, également connue sous le nom de Kobané, subit un encerclement strict par les forces gouvernementales et fait face à des coupures d’eau et d’électricité depuis plusieurs jours, une opération logistique d’envergure a pu être menée à bien. Ce développement intervient dans un contexte de trêve fragile entre l’armée syrienne et les Forces démocratiques syriennes (FDS).
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un convoi des Nations Unies transportant une aide qualifiée de « vitale » est parvenu à entrer dans la ville ce dimanche. L’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) précise que cette mission est composée de 24 camions. Ces véhicules ont acheminé du carburant, du pain et des rations alimentaires prêtes à consommer pour soutenir la population locale, estimée à 400 000 personnes.
L’arrivée de ces vivres a été rendue possible grâce à une coordination avec le gouvernement syrien. L’armée a indiqué dans un communiqué avoir ouvert deux corridors, l’un vers Ain al-Arab dans la province d’Alep et l’autre vers la province voisine de Hassaké, afin de permettre l’entrée de l’aide.
**Une trêve prolongée sous pression internationale**
Cette percée humanitaire s’inscrit dans le cadre d’un cessez-le-feu récemment négocié. Sous la pression des États-Unis, les deux parties avaient convenu d’une pause initiale de quatre jours dans les combats. Samedi, cet accord a été prolongé de 15 jours supplémentaires. Damas justifie cette extension par la nécessité de soutenir une opération américaine visant à transférer environ 7 000 détenus du groupe État islamique (EI) vers l’Irak.
Malgré cette accalmie diplomatique, la tension reste palpable sur le terrain. Les FDS accusent l’armée d’imposer un siège strict à la ville, située à la frontière turque et isolée de leur bastion du nord-est. De son côté, le gouvernement syrien, dirigé par le président Ahmed al-Sharaa depuis la chute de Bachar al-Assad en 2024, exige le désarmement des FDS et leur intégration dans l’armée nationale.
La fragilité de l’accord se manifeste par des accusations mutuelles de violations. L’armée syrienne a signalé des attaques de drones sur ses positions, tandis que les FDS ont dénoncé des offensives menées par des factions affiliées à Damas autour d’Ain al-Arab.


