
Les universités publiques ont été plongées, depuis le début du mois de février, dans une crise profonde. Celle-ci a culminé avec le décès, le 9 février, de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en licence 2 à la Faculté de médecine de l’Ucad.
Tout a commencé le 2 février lors d’un atelier sur la définition d’une nouvelle politique nationale de bourses d’études et la révision du décret n° 2012-963 du 12 août 2014 portant attribution des allocations d’études. La rencontre a finalement été boudée par les représentants des étudiants. C’est dans ce climat de tension que les étudiants ont commencé à réclamer le paiement de leurs arriérés de bourses.
À l’Ucad, ils ont affronté les forces de l’ordre, comme d’habitude, sur l’avenue Cheikh Anta Diop. Mécontents, ils ont déclenché une journée sans tickets (Jst), poussant le directeur du Coud à fermer, le 6 février, les restaurants universitaires. La tension est montée d’un cran le 9 février avec l’entrée des forces de l’ordre dans le campus social de l’Ucad, entraînant la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba.
Le point majeur de la crispation demeure la détention et la traque de responsables estudiantins. De nombreux leaders politiques et acteurs de la société civile ont appelé à leur libération en vue d’un dénouement heureux de la situation. Mais malgré cet appel à l’apaisement, les trois responsables estudiantins concernés ont été déférés, hier lundi, devant le Parquet à l’expiration des 96 heures de garde à vue.
La tension qui secoue le monde universitaire ne retombe pas
Malgré les appels répétés d’acteurs de la société civile en faveur de la libération des étudiants interpellés à la suite des événements tragiques survenus à l’Ucad, le climat demeure chargé d’incertitudes et de crispations. La remise en liberté d’une centaine d’étudiants placés en garde à vue avait pourtant laissé entrevoir un possible apaisement. Beaucoup espéraient alors une désescalade progressive, susceptible de ramener la sérénité au sein de la communauté universitaire.
Mais la poursuite des gardes à vue visant trois responsables estudiantins, dans le cadre des enquêtes ouvertes pour violences et destructions de biens lors des incidents sur les campus, ravive les tensions. Parmi les personnes concernées figurent des membres du collectif des amicales, dont Waly Faye, président de l’Amicale de la Faculté des sciences juridiques et politiques, Demba Kâ, président de l’Amicale de la Faculté des lettres et sciences humaines, ainsi que Bathie Fall, président de la commission sociale de la Faculté des sciences juridiques et politiques – et depuis hier, Amadou Cheikhou Diallo, étudiant en Master 1 à la Faseg, est venu allonger la liste.
Au sein de la communauté universitaire, l’inquiétude reste palpable. De nombreux membres de la société civile et observateurs redoutent que ces développements judiciaires ne prolongent la crise et n’hypothèquent davantage la reprise normale des activités académiques. Les responsables étudiants, quant à eux, continuent d’exiger la libération de leurs camarades et un dialogue sincère, tout en réclamant que toute la lumière soit faite sur le décès de leur camarade afin de parvenir à un règlement définitif du problème.
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