À quelques jours de la fête de l’Indépendance et des traditionnelles grâces présidentielles, une correspondance publique interpelle directement le Président Bassirou Diomaye Faye. Le document s’appuie sur le propre vécu carcéral du chef de l’État pour formuler des propositions visant à modifier la gestion des détentions au Sénégal.
Dans cette lettre ouverte, dont notre rédaction a pris connaissance via IGFM, le juriste, écrivain et élu local de la Patte d’Oie, Boubacar Mohamed R SY, s’adresse au Président de la République. L’auteur évoque le passage de Bassirou Diomaye Faye à la prison de Rebeuss, soulignant que cette expérience le place dans une position de dirigeant connaissant, par le vécu, la réalité de la privation de liberté.
Le document expose les conditions de détention actuelles, marquées par une forte promiscuité. L’élu alerte particulièrement sur le mélange des profils pénaux au sein des établissements. Il mentionne le cas de jeunes incarcérés pour la première fois, notamment pour usage de stupéfiants, qui partagent leur quotidien avec des criminels récidivistes. La cohabitation entre détenus ordinaires et personnes atteintes de troubles mentaux est également soulevée, l’auteur demandant l’orientation de ces dernières vers des structures médicales spécialisées.
Pour faire face à la surpopulation carcérale, Boubacar Mohamed R SY cible une procédure spécifique : le recours quasi systématique au mandat de dépôt. Il propose de faire de l’incarcération une mesure d’exception et suggère d’élargir les peines alternatives. Parmi les options avancées figurent le travail d’intérêt général, l’implication dans des programmes d’assainissement, la collecte des déchets ou encore la participation à des activités agricoles.
Sur le plan institutionnel, le juriste recommande l’instauration effective d’un juge des libertés et de la détention. Selon sa proposition, cette autorité juridictionnelle aurait pour mission d’examiner chaque situation individuelle afin de garantir que toute privation de liberté soit strictement proportionnée. Enfin, la correspondance souligne la nécessité d’accompagner ces réformes par la construction de nouvelles infrastructures pénitentiaires adaptées.


