La tension monte d’un cran à Rabat à l’approche de l’échéance judiciaire fixée au 12 février 2026. Alors que leur procès est imminent, les ressortissants sénégalais incarcérés au Maroc ont choisi de durcir le ton face aux autorités judiciaires locales. Au-delà de la grève de la faim entamée récemment, ces derniers ont décidé de bloquer la procédure en refusant physiquement de se présenter aux audiences tant que des garanties élémentaires de défense ne leur seront pas accordées.
Cette décision de ne plus comparaître devant le juge marque un tournant dans la stratégie de défense des 18 supporters. Selon les informations relayées par IGFM, cette posture radicale vise à dénoncer des conditions de détention et de procédure jugées inéquitables. Patrick Kabou, qui porte la voix de la défense, a listé une série de préalables non négociables pour permettre la reprise normale du processus judiciaire.
Des exigences procédurales et humanitaires
Le communiqué transmis par la défense met en lumière des dysfonctionnements présumés dans l’accès aux droits fondamentaux des prévenus. Quatre points de blocage ont été identifiés. Premièrement, les détenus exigent que la notification des infractions qui leur sont reprochées soit effectuée dans une langue qu’ils maîtrisent parfaitement, une condition sine qua non pour préparer leur défense.
Deuxièmement, la défense réclame un accès libre et sans entrave au Tribunal de première instance de Rabat pour leur avocat. Troisièmement, la confidentialité des échanges entre les prévenus et leur conseil doit être rétablie, ces derniers demandant à pouvoir s’entretenir avec leur avocat à l’intérieur de la prison sans surveillance indue.
Enfin, une urgence médicale a été signalée : l’un des supporters détenus, souffrant d’une pathologie nécessitant un traitement spécifique, ne recevrait pas les soins adéquats. La défense exige un suivi médical immédiat pour ce cas particulier.
Un contexte de protestation continue
Ce boycott de l’audience s’ajoute à un mouvement de contestation déjà en cours. Depuis le 6 février 2026, les supporters sénégalais observent une grève de la faim doublée de séances de recueillement pour protester contre leur sort. Cette situation intervient alors que les relations diplomatiques et politiques entre les deux pays restent denses. Le procès, prévu dans quelques jours, s’annonce désormais incertain si ces revendications ne trouvent pas d’écho favorable auprès de l’administration pénitentiaire et judiciaire marocaine.


