Lors d’un déplacement à Fass Bariko, Ousmane Sonko est revenu sur la vague d’interpellations et d’enquêtes visant des dignitaires de l’ancien pouvoir. Alors que des voix s’élèvent pour dénoncer une forme d’acharnement, le leader de Pastef a tenu à clarifier le mécanisme déclencheur des poursuites, évacuant toute dimension personnelle au profit d’une justification technique.
Dans une intervention relayée par nos confrères d’IGFM, le Premier ministre a catégoriquement réfuté l’idée d’une justice instrumentalisée par le nouvel exécutif. « Ils veulent faire croire aux gens que nous sommes venus régler des comptes. Nous ne sommes venus régler des comptes avec personne », a-t-il affirmé, précisant qu’aucun individu n’est inquiété du seul fait de sa volonté propre.
Pour étayer cette position et légitimer l’action judiciaire, Ousmane Sonko a mis en avant l’antériorité des preuves. Selon lui, les procédures actuelles ne sont que la suite logique d’audits réalisés bien avant l’alternance politique de 2024. Il s’appuie spécifiquement sur les rapports produits par trois institutions de contrôle : la Cour des Comptes, l’Inspection Générale d’État (IGE) et l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Ces documents, insiste-t-il, « avaient été faits avant même notre accession au pouvoir ».
Face à l’existence de ces rapports préexistants, le chef du gouvernement a interpellé l’opinion publique sur la responsabilité de l’État. Pour Ousmane Sonko, ignorer ces documents officiels sous prétexte de clémence condamnerait l’avenir du pays. « Si le peuple est d’accord [pour les laisser tranquilles], c’est que le Sénégal n’avancera jamais », a-t-il martelé, réaffirmant sa détermination à rompre avec les pratiques d’impunité.


