Une lettre ouverte signée par plus de cent experts en droit international basés aux États-Unis remet en cause la légalité de la campagne militaire menée par les forces américaines et israéliennes en Iran. Ce document, publié jeudi, met en lumière plusieurs aspects des opérations en cours depuis le 28 février.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces universitaires et praticiens du droit qualifient les frappes de violation de la Charte des Nations Unies, allant jusqu’à évoquer de potentiels « crimes de guerre ». Le texte souligne que cette offensive a été lancée sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU et en l’absence de preuves crédibles d’une menace iranienne imminente. Les signataires rappellent que l’usage de la force n’est permis qu’en cas de légitime défense, précisant que l’Iran n’avait attaqué ni Israël ni les États-Unis avant le déclenchement de la campagne.
Les préoccupations des experts portent notamment sur la conduite des hostilités et la protection des civils. La lettre documente une frappe ayant visé une école primaire à Minab, en Iran, au premier jour du conflit, causant la mort d’au moins 175 personnes, en majorité des enfants. Des attaques contre des hôpitaux, des usines de traitement des eaux et des infrastructures énergétiques sont également recensées. Par ailleurs, les juristes relèvent que le coût financier de cette guerre atteint près de deux milliards de dollars par jour pour les contribuables américains.
Le document s’attaque également à la rhétorique adoptée au sommet de l’État américain. Les signataires pointent du doigt une déclaration de Donald Trump datant de la mi-mars, dans laquelle il affirmait que les États-Unis pourraient mener des frappes en Iran « juste pour le plaisir ». Les propos du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, affirmant début mars que l’armée américaine ne s’encombre pas de « règles d’engagement stupides », sont aussi épinglés. Les experts y voient un manque de respect alarmant pour le droit international humanitaire et un démantèlement des structures de protection des civils.
Parmi les co-auteurs de cette lettre figurent des personnalités reconnues telles que Oona Hathaway et Harold Koh de la faculté de droit de Yale, Philip Alston de l’Université de New York, ainsi que Kenneth Roth, ancien directeur de Human Rights Watch. S’ils concentrent leurs critiques sur le gouvernement américain en raison de leur propre nationalité, ces juristes exhortent Washington à changer de cap, soulignant l’importance d’une application égale des lois pour tous les pays, y compris ceux qui se positionnent comme des leaders mondiaux.


