Quarante jours après le déclenchement des hostilités et la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, la plus haute autorité de la République islamique s’est exprimée pour la première fois. Alors qu’un cessez-le-feu temporaire a été instauré avec les États-Unis, Téhéran a tenu à clarifier ses intentions diplomatiques et militaires.
Dans une déclaration télévisée intervenue ce jeudi, rapportée par Al Jazeera, Mojtaba Khamenei, 58 ans, a revendiqué une « victoire finale » face aux forces américaines et israéliennes. Affirmant que l’Iran a « étonné le monde » depuis le début du conflit le 28 février, le nouveau Guide suprême a exigé des compensations financières pour les dommages subis et les pertes humaines. Il a souligné que son pays ne cherchait pas la guerre, mais défendait ses droits légitimes, promettant de ne pas laisser les agresseurs impunis.
L’attention s’est particulièrement portée sur le détroit d’Ormuz. Bloqué par l’Iran depuis le début des affrontements, ce passage maritime stratégique entre dans une « nouvelle phase », selon les termes du dirigeant. Dans le cadre d’une trêve de deux semaines obtenue mercredi grâce à la médiation du Pakistan, Téhéran a accepté de rouvrir la voie à la navigation. Des informations indiquent que les autorités iraniennes prévoient d’imposer un péage aux navires en transit afin de financer la reconstruction du pays.
Cet accord reste toutefois précaire. Mojtaba Khamenei a averti que les forces iraniennes gardaient « le doigt sur la gâchette » en cas de nouvelles attaques. La tension a été ravivée mercredi par une série de frappes aériennes israéliennes au Liban, causant la mort de plus de 300 personnes. Ce développement menace directement la trêve irano-américaine en raison d’une divergence d’interprétation majeure : l’Iran et le Pakistan considèrent que le Liban est couvert par l’accord de cessez-le-feu, ce que contestent les États-Unis et Israël.
Faisant implicitement référence au Liban, le Guide suprême a réaffirmé que l’Iran considère le front de la résistance comme un ensemble indivisible. Des délégations iraniennes et américaines sont attendues ce samedi au Pakistan pour entamer des pourparlers visant à mettre un terme définitif au conflit. À noter que ces tensions ont également des répercussions au-delà du champ militaire, l’Iran ayant récemment demandé à la FIFA de délocaliser ses matchs prévus aux États-Unis dans le cadre du Mondial 2026.


