Le procès du chroniqueur Abdou Nguer ne s’est pas tenu pas ce vendredi comme initialement prévu. Poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles » après avoir critiqué le communiqué du procureur de la République relatif au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop, il a vu son dossier renvoyé d’office au 20 mars 2026 par le tribunal des flagrants délits de Dakar.
Cette décision a suscité une vive réaction de son avocat, Me El Hadj Diouf. L’avocat se dit stupéfait par le renvoi d’une affaire de flagrant délit à un mois, sur la seule volonté du juge. « Depuis plus de 37 ans que j’exerce, je n’ai jamais vu un tel cas », a-t-il déclaré, sur Directnews, dénonçant une entorse manifeste aux règles procédurales. Selon lui, en matière de flagrant délit, le Code de procédure pénale impose un jugement immédiat ou, à défaut, à la prochaine audience.
Me El Hadj Diouf fustige également l’absence d’explication fournie par le président du tribunal. « On nous dit qu’il n’y a aucune explication à donner », regrette-t-il, estimant que ce renvoi, sans mise en liberté provisoire, équivaut à une sanction anticipée. « Abdou Nguer est un otage. C’est inacceptable », tranche-t-il.
L’avocat annonce la saisine du bâtonnier et n’exclut pas un mot d’ordre de grève si nécessaire. Il appelle ses confrères à faire front contre ce qu’il qualifie d’injustice.


