Entré dans sa quatrième semaine, le conflit entre les États-Unis et l’Iran est marqué par des annonces successives et contradictoires au sommet de l’État américain. Alors qu’un retrait imminent des forces était évoqué, Washington a brusquement posé une condition stricte à Téhéran, assortie d’une menace de destruction ciblée.
Samedi, le président américain Donald Trump a publié sur sa plateforme Truth Social que les États-Unis étaient sur le point de réduire leurs efforts militaires au Moyen-Orient, affirmant avoir atteint leurs objectifs, dont la destruction des capacités militaires iraniennes. Cependant, une heure plus tard, le dirigeant a exigé que l’Iran rouvre totalement le détroit d’Ormuz sous 48 heures. En cas de refus, il a menacé d’anéantir les centrales électriques iraniennes, en commençant par la plus grande installation du pays.
Ce détroit stratégique, par lequel transite un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié (GNL), fait l’objet d’un blocus de facto par Téhéran, provoquant une flambée des prix de l’énergie. En réponse à l’ultimatum américain, l’Iran a prévenu qu’il frapperait les sites énergétiques à travers le Moyen-Orient si ses propres infrastructures électriques étaient visées. Récemment, des frappes iraniennes ont déjà endommagé 17 % de la capacité d’exportation de GNL du Qatar. Face à cette escalade, les pays voisins tentent de s’organiser, notamment via un accord de défense commune validé lors du sommet de Riyad.
Sur le terrain, les décisions de Washington contrastent avec l’annonce d’une fin d’opération. L’administration américaine a ordonné le déploiement de trois navires de guerre supplémentaires et de 2 500 Marines, renforçant les 50 000 militaires déjà mobilisés pour ce conflit initié le 28 février. Les justifications de cette offensive ont d’ailleurs varié au sein même de l’exécutif, oscillant entre la nécessité d’une frappe préventive évoquée par le secrétaire d’État Marco Rubio et un simple pressentiment assumé par la Maison-Blanche.
Selon les informations diffusées par Al Jazeera, plusieurs analystes soulignent les limites de la stratégie actuelle. Zeidon Alkinani, de l’Arab Perspectives Institute, observe une transition d’objectifs initiaux limités vers une réaction devenue plus chaotique. De son côté, Paolo von Schirach, président du Global Policy Institute, met en évidence la difficulté de prévoir les prochaines décisions de Donald Trump. Il estime par ailleurs qu’une prise de contrôle totale de l’Iran nécessiterait jusqu’à un demi-million de soldats, bien au-delà des effectifs actuellement déployés, dans une région déjà marquée par de multiples interceptions de tirs iraniens par les pays du Golfe.


