Forte de son expérience acquise face aux appareils iraniens dans son conflit avec la Russie, l’Ukraine exporte désormais son savoir-faire au Moyen-Orient. En échange de cette assistance stratégique, Kiev espère obtenir des financements et des technologies, une ambition qui se heurte aux positions de l’administration américaine.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président Volodymyr Zelensky a confirmé dimanche le déploiement de spécialistes militaires ukrainiens au Moyen-Orient. Trois équipes ont été envoyées au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite ainsi que sur une base militaire américaine en Jordanie. Leur mission consiste à évaluer les défenses locales et à démontrer l’efficacité des systèmes d’interception anti-drones. Ces pays hôtes de bases américaines sont en effet ciblés par l’Iran. Le dirigeant ukrainien a toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas d’une implication dans des opérations de guerre contre Téhéran.
Cette projection de compétences, fruit de quatre années d’expérience face aux drones suicides Shahed-136, a un prix. Pour le gouvernement ukrainien, la priorité est d’obtenir des technologies et des financements en retour. Volodymyr Zelensky a évoqué la possibilité de négocier des accords à long terme avec les pays du Golfe et a fait part de sa volonté de signer un contrat d’une valeur de 35 à 50 milliards de dollars avec Washington.
Cette initiative n’a pas trouvé d’écho favorable auprès de Donald Trump. Le président américain a déclaré que les États-Unis n’avaient pas besoin de l’aide de l’Ukraine pour abattre les drones iraniens menaçant les cibles américaines. Une fin de non-recevoir qui laisse le chef d’État ukrainien dans l’incompréhension, ce dernier affirmant ignorer pourquoi Washington refuse de signer un accord réclamé depuis des mois.
Parallèlement à ces négociations, la situation au Moyen-Orient suscite des inquiétudes logistiques à Kiev. Volodymyr Zelensky a exprimé la crainte que l’attention portée par les États-Unis à cette région n’affecte les livraisons de missiles de défense antiaérienne destinés à son armée.
Enfin, face à l’intérêt croissant pour ses intercepteurs, l’Ukraine entend durcir les règles d’acquisition de son matériel. Le gouvernement souhaite empêcher les pays et entreprises étrangers de contourner l’État pour traiter directement avec les fabricants. Désormais, tout contrat devra impérativement passer par le canal politique avant d’impliquer le secteur privé.


