Le secteur américain de la restauration rapide fait l’objet d’une nouvelle manœuvre financière d’envergure. Un fonds d’investissement qatari a formulé une offre de rachat valorisant une chaîne historique de pizzerias à 1,5 milliard de dollars.
La cible de cette opération est l’enseigne Papa John’s International. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le fonds Irth Capital a proposé ce mois-ci d’acquérir l’entreprise au prix de 47 dollars par action. Cette démarche constitue une deuxième tentative de prise de contrôle de la part de l’investisseur.
Irth Capital détient déjà environ 10 % du capital de Papa John’s, dont la moitié sous forme de produits dérivés. À la suite des premières révélations sur cette offre, l’action de la chaîne a bondi de près de 20 % à la bourse, clôturant à 38,86 dollars. Sollicité par Al Jazeera, le fonds d’investissement a refusé de commenter la situation, invoquant des contraintes juridiques. La conclusion de l’accord n’est pas garantie, la direction de Papa John’s examinant actuellement la proposition, tandis que l’émergence d’autres acheteurs potentiels n’est pas exclue.
Cette nouvelle offre intervient après une série de tractations entamées l’année dernière. Irth Capital s’était initialement associé au géant du capital-investissement Apollo Global Management pour soumettre une proposition conjointe à un peu plus de 60 dollars l’action. Apollo avait ensuite fait cavalier seul au début du mois d’octobre avec une offre à 64 dollars, avant de se retirer de la table des négociations en novembre. L’intérêt autour de l’entreprise avait alors poussé le fonds activiste Irenic Capital Management à prendre des parts dans Papa John’s. Désormais séparé d’Apollo, Irth Capital s’appuie sur le soutien de Brookfield Asset Management pour cette nouvelle tentative.
Créé en 2024, Irth Capital est soutenu par un membre de la famille royale qatarie et dirigé par ses cofondateurs, Cheikh Mohamed bin Abdulla Al Thani et Matthew Bradshaw. L’acquisition de Papa John’s, entreprise fondée en 1984 dans l’Indiana et introduite en bourse en 1993, représenterait l’une de ses premières transactions majeures. La chaîne de restauration déploie actuellement une stratégie de relance pour faire face à une baisse de la demande observée sous les mandats de ses précédents dirigeants.


