La diplomatie italienne confirme sa présence aux côtés des États-Unis dans le dossier de Gaza, mais pose une condition juridique stricte. Invitée par la Maison-Blanche à intégrer le nouveau « Conseil pour la paix », Rome a validé sa participation tout en définissant un cadre qui l’empêche d’être un membre à part entière.
C’est une réponse positive, mais nuancée par les textes fondamentaux de la République italienne. Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, a confirmé dimanche que son pays participerait aux travaux de l’initiative américaine visant à stabiliser le Moyen-Orient. Cependant, cette participation ne se fera pas sous la forme d’une adhésion classique.
Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, et repris par l’agence Anadolu, la cheffe du gouvernement a précisé la nature exacte de l’engagement italien. Rome siégera avec un statut d’observateur. Cette distinction n’est pas simplement protocolaire : elle répond à une impérative nécessité juridique. Giorgia Meloni explique que des « contraintes constitutionnelles » interdisent à l’Italie d’adhérer formellement à cet organe spécifique, bien que le soutien politique à l’initiative de Washington soit total.
« Nous avons été invités en tant que pays observateur et, à nos yeux, c’est une bonne solution concernant le problème de la guerre au Moyen-Orient », a-t-elle déclaré. Cette formule pourrait d’ailleurs faire école en Europe : la dirigeante italienne suggère que d’autres nations méditerranéennes ou géographiquement proches de la zone de conflit pourraient adopter ce même positionnement en retrait pour s’associer aux discussions sans intégrer la structure décisionnelle.
Le calendrier s’accélère pour cette initiative lancée en marge du Forum économique de Davos fin janvier. La première réunion au niveau des dirigeants est programmée pour le 19 février à Washington. Si le niveau de représentation de l’Italie n’est pas encore définitivement arrêté, les médias transalpins évoquent la présence probable du ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, actuellement en tournée pour discuter de la situation à Gaza et des tensions en Cisjordanie.
Au-delà de ce dossier spécifique, Giorgia Meloni a profité de cette prise de parole pour réaffirmer l’importance de l’axe transatlantique dans une période qualifiée de « très complexe ». Elle a notamment plaidé pour un renforcement du pilier européen de l’OTAN, tout en refusant de s’immiscer dans les débats partisans américains concernant le mouvement MAGA et Donald Trump, estimant que ces jugements n’ont pas leur place dans les relations institutionnelles.

