Au treizième jour de la guerre opposant les États-Unis et Israël à Téhéran, l’Iran a lancé une nouvelle vague d’attaques de drones et de missiles contre plusieurs pays du Golfe. Cette offensive simultanée étend le conflit à l’échelle régionale et perturbe lourdement les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, Bahreïn a été touché jeudi matin par des frappes visant des réservoirs de carburant. Les autorités ont ordonné aux habitants du gouvernorat de Muharraq de rester confinés à l’intérieur et de fermer leurs fenêtres. Ce pays, régulièrement ciblé depuis le début des hostilités, abrite la Cinquième flotte de la marine américaine.
En Arabie saoudite, le ministère de la Défense a indiqué avoir intercepté des drones se dirigeant vers le champ pétrolier de Shaybah et le quartier des ambassades, après avoir déjà neutralisé sept appareils la veille. Le Koweït voisin a également recensé des attaques sur son territoire, signalant deux blessés suite à l’impact d’un drone hostile sur un immeuble résidentiel, causant des dégâts matériels.
Aux Émirats arabes unis, la défense aérienne a été activée face à une menace de missile, s’appuyant sur son bouclier antiaérien. En parallèle, l’agence britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO) a confirmé l’attaque d’un porte-conteneurs à environ 65 kilomètres au nord de Jebel Ali. L’extension des tensions touche également la Jordanie, où les sirènes d’alerte ont retenti dans toutes les villes du pays.
L’Irak subit des conséquences directes sur ses infrastructures stratégiques. Farhan al-Fartousi, directeur de la Compagnie générale des ports d’Irak, a annoncé à l’agence de presse nationale la suspension totale des opérations sur les terminaux pétroliers, tandis que les ports commerciaux maintiennent leurs activités. Cette décision fait suite à l’attaque de deux pétroliers par des bateaux chargés d’explosifs au port d’Umm Qasr, dans la province de Bassora. Les secouristes ont repêché un corps et secouru 38 personnes à la suite de cet incident.
Le conflit, qui a déjà fait environ 2 000 morts, paralyse le transport maritime stratégique. Le trafic dans le détroit d’Ormuz, voie navigable par laquelle transite un cinquième du pétrole et du gaz mondial, est de facto à l’arrêt. Les autorités iraniennes ont déclaré que pas un seul litre de pétrole ne serait exporté du Golfe vers les États-Unis, Israël et leurs partenaires tant que la guerre contre Téhéran se poursuivrait.
Sur les marchés, le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars jeudi, enregistrant une hausse de plus de 38 % par rapport à son niveau d’avant-guerre. Cette situation pousse les acteurs internationaux à envisager des mesures d’urgence face à l’envolée du prix du baril et à planifier un déblocage record des réserves stratégiques.


