Le climat de tension qui prévaut en Iran, exacerbé par le conflit en cours avec les États-Unis et Israël, s’accompagne d’une intensification des procédures judiciaires internes. Ce samedi, les autorités ont procédé à l’application de la peine capitale contre deux individus, s’inscrivant dans une série de décisions similaires qui alertent les organisations de défense des droits humains.
Abolhassan Montazer et Vahid Baniamerian ont été pendus samedi matin, selon les informations du site de l’autorité judiciaire iranienne, Mizan Online. La Cour suprême a confirmé leur condamnation pour appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI/MEK), un groupe d’opposition interdit, ainsi que pour « rébellion armée par l’implication dans de multiples actes terroristes ». Comme le précise la chaîne Al Jazeera, ces exécutions interviennent dans un contexte de répression stricte contre les dissidents.
L’OMPI/MEK, qui opère aujourd’hui en exil, avait initialement soutenu la révolution islamique de 1979 avant d’entrer en rupture avec les nouvelles autorités de Téhéran dans les années 1980, ce qui a conduit à sa désignation comme organisation terroriste par l’État iranien.
Ces deux pendaisons font suite à celles de quatre autres membres de ce même groupe, exécutés les 30 et 31 mars derniers. Mohammad Taghavi, Akbar Daneshvarkar, Babak Alipour et Pouya Ghobadi avaient été arrêtés fin 2024 et jugés par un tribunal révolutionnaire. Dans un communiqué publié le 2 avril, l’organisation a dénoncé ces actes, affirmant qu’ils n’entameraient pas la détermination de l’opposition.
Du côté des organisations internationales, Amnesty International a vivement réagi. L’ONG accuse les autorités iraniennes d’avoir torturé les détenus en prison avant de les transférer brusquement vers un lieu inconnu peu avant leur exécution. Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a souligné que la peine de mort est utilisée pour éradiquer les voix dissidentes, alors même que la population subit les conséquences des bombardements aériens menés par Israël et les États-Unis.
Depuis le début de ce conflit le 28 février, Téhéran a procédé à plusieurs exécutions. Parmi elles figure celle de Kouroush Keyvani, un ressortissant irano-suédois condamné pour espionnage au profit d’Israël, ainsi qu’un autre homme pendu jeudi dernier pour des faits similaires lors de manifestations. Plus tôt, le 19 mars, trois personnes arrêtées en lien avec les soulèvements ont également perdu la vie.
Notre rédaction note par ailleurs qu’Amnesty International émet de sérieuses craintes concernant cinq jeunes manifestants précédemment condamnés à mort. Transférés cette semaine de la prison de Ghezel Hesar vers un lieu non identifié, ils font l’objet d’une alerte sur l’imminence potentielle de leur exécution.


