L’Iran rejette catégoriquement toute implication dans une tentative de frappe de missiles contre la base militaire conjointe des États-Unis et du Royaume-Uni située sur l’île de Diego Garcia, dans l’océan Indien. La diplomatie iranienne qualifie ces allégations de manœuvre orchestrée par un pays tiers.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a formellement démenti ce lundi les accusations visant son pays. Il a qualifié ces affirmations d’attaque « sous fausse bannière israélienne ». Sur le réseau social X, le responsable a dénoncé une campagne de désinformation, soulignant que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a lui-même refusé de confirmer les déclarations d’Israël concernant l’utilisation de missiles balistiques intercontinentaux iraniens.
Le chef de l’armée israélienne, Eyal Zamir, avait précédemment affirmé que Téhéran avait employé un missile intercontinental à deux étages d’une portée de 4 000 kilomètres pour cibler cette installation stratégique, qui abrite près de 2 500 militaires, majoritairement américains. En parallèle, des médias américains, dont le Wall Street Journal, avaient indiqué que des projectiles avaient été lancés entre la nuit de jeudi et vendredi matin, sans toutefois atteindre la base de Diego Garcia.
La question de la portée de ces armes est centrale. Une capacité de frappe à 4 000 kilomètres signifierait que les missiles iraniens pourraient atteindre Londres. Toutefois, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait précisé au début du mois sur la chaîne américaine NBC que l’Iran limitait volontairement la portée de son arsenal à moins de 2 000 kilomètres afin de ne pas constituer une menace mondiale.
Du côté britannique, le ministre du Logement, Steve Reed, a déclaré dimanche qu’aucun élément ne suggérait que l’Iran avait l’intention ou la capacité technologique de frapper le Royaume-Uni. La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a fermement condamné les menaces iraniennes, tout en assurant que Londres ne se laisserait pas entraîner dans un conflit élargi au Moyen-Orient.
Dans ce contexte de forte tension, Mark Rutte a exprimé sur CBS News son soutien à la guerre menée par Donald Trump contre l’Iran, estimant cette démarche nécessaire pour la sécurité mondiale.
Cette escalade verbale intervient environ trois semaines après une attaque conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ayant entraîné la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Cette opération militaire s’est produite alors que le sultanat d’Oman, qui agissait comme médiateur dans les pourparlers entre Washington et Téhéran, affirmait récemment qu’un accord diplomatique était sur le point d’aboutir.


