Alors que les forces américaines continuent de renforcer leur dispositif militaire au Moyen-Orient, le président Donald Trump a esquissé une stratégie radicale visant directement le cœur de l’économie iranienne. Dans un contexte de tensions extrêmes, l’administration américaine évalue des options qui dépassent la simple démonstration de force pour toucher les capacités d’exportation de Téhéran.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Donald Trump a déclaré lors d’un entretien accordé au Financial Times qu’il préférait « prendre le pétrole » iranien. Pour matérialiser cette ambition, Washington envisage de saisir l’île de Kharg, qui constitue le principal hub d’exportation pétrolière de l’Iran. Le président américain a dressé un parallèle avec la politique menée au Venezuela, où les États-Unis visent un contrôle du secteur pétrolier sur une durée indéterminée. « Je ne pense pas qu’ils aient une quelconque défense. Nous pourrions la prendre très facilement », a-t-il affirmé, tout en précisant qu’une telle opération impliquerait une présence militaire prolongée sur place.
Sur le terrain, la préparation militaire s’intensifie. Le Pentagone a ordonné le déploiement de 10 000 soldats formés aux opérations terrestres. Notre rédaction note que 3 500 d’entre eux, incluant environ 2 200 Marines, sont déjà positionnés dans la région, avec d’autres unités en transit. Cette concentration de troupes intervient dans un climat hautement volatil : une récente attaque contre une base aérienne saoudienne a fait 12 blessés parmi les soldats américains et détruit un avion de surveillance estimé à 270 millions de dollars, tandis que les forces houthies du Yémen ont tiré un missile balistique vers Israël.
Malgré cette rhétorique martiale et l’avertissement de plusieurs responsables sur les risques qu’impliquerait une attaque sur l’île de Kharg, un canal diplomatique parallèle reste actif. Donald Trump a révélé que des pourparlers indirects avec Téhéran, facilités par des émissaires pakistanais, connaissent des avancées. En signe de détente sur ce front spécifique, l’Iran a autorisé le passage de 20 pétroliers battant pavillon pakistanais par le détroit d’Ormuz. Le président américain a même glissé qu’un accord pourrait être conclu « assez rapidement ».
Ces développements s’inscrivent dans une escalade régionale majeure déclenchée le 28 février dernier par une offensive israélo-américaine contre l’Iran. Ce conflit a déjà causé la mort de plus de 1 340 personnes, dont l’ancien Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. En riposte, Téhéran a multiplié les frappes de drones et de missiles contre Israël et plusieurs pays de la région abritant des bases américaines. Cette instabilité a un impact direct sur l’économie mondiale : les prix du brut ont bondi de plus de 50 % en un mois, le baril de Brent franchissant la barre des 116 dollars.

