La guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, entrée dans sa cinquième semaine, s’étend avec une série de frappes ayant visé plusieurs pays du Golfe. Les autorités de cinq nations de la région ont signalé des attaques simultanées par drones et missiles, causant des dégâts matériels importants et une perte humaine.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’aéroport international du Koweït a été la cible de drones. Abdullah al-Rajhi, porte-parole de la Direction générale de l’aviation civile koweïtienne, a précisé que les réservoirs de carburant ont été touchés, déclenchant un vaste incendie. Si les dégâts matériels sont significatifs, aucune victime n’est à déplorer sur ce site. À Bahreïn, le ministère de l’Intérieur a indiqué que les équipes de la protection civile intervenaient pour éteindre un incendie dans les installations d’une entreprise, qualifiant l’incident d’« agression iranienne ».
Les eaux qataries ont également été touchées. Le ministère de la Défense du Qatar a confirmé le lancement de trois missiles de croisière depuis l’Iran. Deux d’entre eux ont été interceptés, mais le troisième a frappé un pétrolier affrété par QatarEnergy, situé à environ 32 kilomètres au nord de Doha, près du complexe industriel de Ras Laffan. Les 21 membres d’équipage ont été évacués sains et saufs.
Aux Émirats arabes unis, l’agence de presse officielle WAM a rapporté la mort d’un ressortissant bangladais. Ce décès a été causé par la chute d’éclats provenant de l’interception d’un drone sur une ferme dans la région d’al-Rifaa, à Fujairah. De son côté, l’Arabie saoudite a annoncé, par la voix de son ministère de la Défense, avoir intercepté et détruit plusieurs drones, sans faire de blessés. Ces attaques s’inscrivent dans une dynamique de riposte iranienne face aux opérations américano-israéliennes, touchant plusieurs infrastructures civiles de la région.
Sur le plan économique, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estime que le produit intérieur brut du monde arabe devrait reculer de 3,7 à 6 % après un mois de conflit, soit une contraction évaluée entre 120 et 194 milliards de dollars.
Sur le front diplomatique et militaire, le président américain Donald Trump a évoqué un retrait prochain, déclarant depuis la Maison-Blanche que celui-ci pourrait intervenir « d’ici deux semaines, peut-être trois ». Washington avait préalablement conditionné l’arrêt des hostilités à l’acceptation par Téhéran d’un plan de cessez-le-feu en 15 points, exigeant notamment l’abandon de tout programme nucléaire militaire, l’arrêt de l’enrichissement d’uranium et la réouverture du détroit d’Ormuz.
L’Iran a rejeté cette proposition, la jugeant « déraisonnable » et « maximaliste », tout en réclamant des compensations financières pour les destructions subies lors des frappes américano-israéliennes contre le pays.


