Le Conseil d’acquisition de la Défense indien (DAC) vient de valider un vaste programme de modernisation militaire. Ce plan, chiffré à environ 25 milliards de dollars, vise à renforcer les capacités des trois armées et de la Garde côtière, dans un contexte de réapprovisionnement consécutif aux tensions survenues avec le Pakistan en 2025.
Présidée par le ministre de la Défense Rajnath Singh, l’instance a donné son feu vert à une série d’acquisitions stratégiques. Selon l’agence Anadolu, le paquet global comprend des avions de transport moyen, des drones de frappe, des munitions antichar, des systèmes d’artillerie ainsi que des mises à niveau pour les avions de combat Sukhoi-30.
Au cœur de ce programme d’investissement figure une commande spécifique : l’acquisition de systèmes antiaériens russes supplémentaires. Au moins cinq nouveaux régiments de missiles sol-air longue portée S-400 sont concernés par cette validation, représentant un montant estimé à 6,1 milliards de dollars.
Cette transaction avec Moscou s’inscrit dans un cadre géopolitique strict. Le média Bloomberg souligne que ce contrat est susceptible de créer des crispations avec les États-Unis. Historiquement, Washington a émis des réserves quant à l’achat de S-400 par New Delhi, s’appuyant sur la loi CAATSA. Cette législation américaine prévoit des sanctions contre les États acquérant des équipements militaires russes majeurs. À ce stade, le Département d’État et la Maison Blanche n’ont pas publié de réaction officielle.
Du côté de l’Union européenne, aucune déclaration spécifique n’a été émise concernant ce contrat précis, bien que Bruxelles exprime régulièrement une certaine réserve face au maintien des relations militaires indo-russes. L’Inde, actuellement deuxième importateur mondial d’armement, poursuit une politique de diversification de ses fournisseurs, intégrant les États-Unis, la France et Israël, tout en conservant la Russie comme partenaire pour plusieurs de ses systèmes stratégiques.

