Une nouvelle tragédie vient assombrir les opérations de sauvetage en Méditerranée centrale. Alors qu’une embarcation de fortune a réussi à atteindre les eaux italiennes cette semaine dans des conditions météorologiques exécrables, le soulagement des rescapés a rapidement laissé place à la consternation. L’ONG Save the Children, présente sur place, a rapporté une situation dramatique impliquant une famille séparée par les flots.
L’arrivée sur l’île de Lampedusa, point d’entrée majeur pour les exilés quittant l’Afrique du Nord, ne signifie pas toujours la fin du cauchemar. Selon les informations relayées par notre source Al Jazeera, une mère de famille figure parmi les 61 personnes secourues jeudi dernier. Cependant, l’opération de sauvetage a révélé une absence insoutenable : ses deux filles jumelles, âgées d’à peine un an, manquent à l’appel et sont portées disparues en mer.
Des conditions de traversée extrêmes
Le drame s’est noué dans un contexte climatique particulièrement hostile. L’embarcation, partie de Tunisie, a affronté une mer démontée pendant au moins trois jours. La traversée a été rendue encore plus périlleuse par le passage du cyclone Harry, qui a considérablement dégradé les conditions de navigation. D’après les témoignages recueillis par l’organisation humanitaire, les survivants sont arrivés dans un état de « grande détresse physique et psychologique ».
Outre la disparition des deux nourrissons, le bilan humain fait état d’un autre décès confirmé. Un homme a perdu la vie peu après avoir débarqué du navire, succombant aux épreuves endurées durant le voyage. Parmi les rescapés figurent également 22 mineurs non accompagnés, soulignant la vulnérabilité des passagers sur cet axe migratoire.
La route la plus meurtrière au monde
Cet incident tragique s’inscrit dans une série noire qui ne semble pas connaître de fin. Les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) confirment que la Méditerranée centrale demeure la route migratoire la plus dangereuse du globe. Pour l’année 2025, près de 1 000 décès et disparitions ont déjà été enregistrés dans cette zone. Plus spécifiquement, au moins 30 enfants ont perdu la vie au large des côtes tunisiennes depuis le début de l’année, un chiffre déjà supérieur au total de l’année précédente sur la même période.
Face à ce constat, Giorgia D’Errico, directrice des relations institutionnelles de Save the Children, a pointé du doigt la responsabilité des politiques européennes. « Nous ne pouvons pas regarder silencieusement la perte de vies humaines, y compris tant d’enfants […] ce massacre inacceptable doit cesser », a-t-elle déclaré, appelant à la mise en place de voies de migration sûres pour éviter que la mer ne reste une frontière mortelle.


