Le bras de fer politique entre le gouvernement central somalien et ses entités régionales franchit un nouveau palier. À la suite de désaccords profonds sur la refonte de la constitution nationale, Mogadiscio a pris une décision drastique concernant l’une de ses principales administrations locales, entraînant des mesures de rétorsion immédiates sur le terrain.
Le ministère somalien de l’Intérieur a officiellement déclaré, tard dimanche, l’expiration du mandat du président et de l’administration de l’État du Sud-Ouest. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, le gouvernement fédéral ne reconnaîtra plus aucune nomination ni révocation émanant de l’équipe dirigeante actuelle. Pour assurer la continuité des services, les administrations locales maintiendront leurs fonctions jusqu’à l’élection de nouveaux conseils. Notre rédaction note qu’un processus de transition a été confié aux anciens traditionnels de la région, en coordination avec les autorités fédérales, afin de prévenir toute instabilité.
L’origine de cette impasse réside dans le récent vote par les deux chambres du parlement fédéral visant à modifier la constitution provisoire somalienne, mettant ainsi un terme à plusieurs décennies de gouvernance transitoire. L’État du Sud-Ouest a catégoriquement rejeté ces amendements, les qualifiant de frauduleux. Face à Mogadiscio qui accuse le président régional, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, de se maintenir au pouvoir sans légitimité, les responsables locaux dénoncent une ingérence dont le but serait d’installer un dirigeant loyaliste.
La rupture du dialogue s’est matérialisée par des accusations de déstabilisation et des décisions sécuritaires strictes. Les autorités de l’État du Sud-Ouest accusent le gouvernement fédéral d’armer des milices non identifiées dans la région. En conséquence, l’administration locale a suspendu tous les vols commerciaux et privés transitant par ses aéroports. Seuls les appareils des Nations Unies et de l’Union africaine effectuant des missions humanitaires, médicales ou officielles sont désormais autorisés à atterrir, avec une interdiction formelle de transporter des personnalités politiques sans accord préalable de Baidoa.

