Les discussions autour du plan de paix américain pour la bande de Gaza se heurtent à un obstacle majeur. La branche armée du Hamas s’est officiellement prononcée sur la question de la remise de son arsenal militaire, fixant un préalable strict avant toute négociation sur ce point précis.
Lors d’une intervention télévisée ce dimanche, le porte-parole de la branche armée du mouvement palestinien, Abou Obeida, a rejeté les appels au désarmement formulés par les médiateurs. Selon les informations diffusées par Al Jazeera, le groupe exige la mise en œuvre complète, par Israël, de la première phase du « cessez-le-feu » parrainé par les États-Unis avant d’aborder le sujet.
Des sources impliquées dans les pourparlers ont indiqué que le Hamas refuse d’évoquer l’abandon de ses armes sans obtenir la garantie d’un retrait total des troupes israéliennes de la bande de Gaza. Abou Obeida a qualifié la demande de désarmement de tentative de poursuivre les exactions contre le peuple palestinien, affirmant que cette requête ne serait acceptée sous aucun prétexte. Cette question constitue actuellement l’un des principaux points de blocage pour l’application du plan en 20 points proposé par le président américain Donald Trump.
Sur le terrain, la situation sécuritaire reste précaire. Depuis l’entrée en vigueur en octobre du « cessez-le-feu » négocié par Washington et Doha, plus de 705 Palestiniens ont perdu la vie dans des frappes israéliennes, selon l’agence de presse Wafa. Le bilan global depuis le début du conflit en octobre 2023 s’élève à plus de 72 000 morts et 172 000 blessés du côté palestinien.
L’intervention du porte-parole a également abordé l’escalade militaire au-delà de Gaza. Il a condamné le rôle d’Israël dans la guerre l’opposant, aux côtés des États-Unis, à l’Iran depuis le 28 février, une crise marquée par de multiples bombardements sur le territoire iranien ayant fait plus de 2 000 morts. Abou Obeida a par ailleurs dénoncé l’offensive israélienne lancée le 2 mars contre le Liban, qui a causé la mort de plus de 1 400 personnes et le déplacement de 1,2 million d’habitants.
Le représentant du Hamas a salué les actions menées par l’Iran, le Hezbollah libanais et les Houthis du Yémen contre Israël. Il a clôturé son allocution en dénonçant l’adoption récente, par le parlement israélien, d’une nouvelle loi sur la peine de mort s’appliquant exclusivement aux Palestiniens, appelant les habitants de la Cisjordanie à se mobiliser pour la libération des prisonniers détenus en Israël.


