La scène musicale s’est transformée, le temps d’une prise de parole inattendue, en véritable tribune politique. Alors que les célébrations du récent sacre des Lions de la Teranga battaient leur plein, l’ancien international sénégalais El Hadji Diouf a profité de sa présence aux côtés de Youssou Ndour pour adresser un message frontal et sans ambiguïté aux tenants actuels du pouvoir.
Loin de se contenter de quelques pas de danse, le double Ballon d’Or africain a tenu à clarifier ce qu’il considère comme un rapport de force assumé avec l’exécutif. Invité à partager la scène avec le roi du Mbalax, El Hadji Diouf n’a pas fait dans la demi-mesure. L’ancien numéro 11 des Lions a publiquement accusé le nouveau régime d’entretenir une forme d’hostilité à l’égard de l’artiste planétaire. Dans une tirade aussi directe que virulente, il a lancé : « Youssou Ndour et moi, nous sommes un État. Nous sommes plus forts que l’État. Nous avons tout fait pour cet État, donc l’État doit nous respecter et nous laisser tranquilles. Sinon, il n’y aura pas de paix. »
Derrière cette sortie musclée se cache un contentieux bien précis, qui dépasse largement le cadre artistique. En prenant la défense de Youssou Ndour, El Hadji Diouf a surtout remis sur la table la délicate question du patrimoine foncier. Il a interpellé les autorités sur le sort des terrains attribués aux joueurs par l’ancien président Macky Sall, en guise de récompense après le sacre historique à la CAN 2022. Membre de la délégation victorieuse lors de cette épopée au Cameroun, l’ex-attaquant de Liverpool affirme que ces biens auraient été récupérés par la nouvelle administration. Il soutient que son propre terrain figure parmi les lots confisqués, une situation qui expliquerait la fermeté de son avertissement adressé au gouvernement.


