Le président français Emmanuel Macron a présidé, ce mardi à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), l’ouverture du deuxième sommet international consacré à l’énergie nucléaire. Devant les représentants d’une quarantaine de pays et d’organisations internationales, dont les États-Unis, la Chine et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le chef de l’État a plaidé pour une relance ambitieuse du nucléaire civil.
Selon les informations de l’agence Anadolu, cette rencontre se tient dans un contexte géopolitique marqué par les tensions au Proche et Moyen-Orient, ainsi qu’en Iran. Emmanuel Macron a également rappelé que ce sommet coïncide, jour pour jour, avec le quinzième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, un événement dont les enseignements ont conduit à un renforcement des normes de sûreté à l’échelle mondiale.
Pour la présidence française, le nucléaire constitue l’un des rares moyens de réconcilier compétitivité économique, décarbonation et indépendance énergétique. Soulignant les risques de pression et de déstabilisation liés à une forte dépendance aux hydrocarbures, Emmanuel Macron a réaffirmé la place centrale de cette filière dans le mix énergétique de la France, qui compte actuellement 57 réacteurs en activité.
La stratégie exposée repose sur plusieurs axes. Le premier concerne l’optimisation des infrastructures existantes et le développement de nouveaux projets. La France a déjà acté la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2, avec la possibilité d’en programmer huit supplémentaires. Pour réduire les coûts et les délais, le président a insisté sur la nécessité de standardiser les technologies, citant notamment les petits réacteurs modulaires (SMR).
Sur le plan financier, un appel a été lancé pour mobiliser davantage de fonds publics et privés. Saluant l’intégration partielle du nucléaire dans la taxonomie des investissements durables de l’Union européenne, Emmanuel Macron a plaidé pour une neutralité technologique complète dans les politiques de financement, tout en appelant à la création d’un marché européen de la libre circulation de l’électricité décarbonée.
La sécurisation de la chaîne de valeur a également été abordée. Afin de réduire les dépendances stratégiques face à l’instabilité géopolitique, la diversification des sources d’approvisionnement en uranium est érigée en priorité. À ce titre, la France prévoit d’augmenter les capacités d’enrichissement de l’entreprise Orano.
Enfin, la relance de la filière implique des besoins en ressources humaines conséquents. Les prévisions indiquent que plus de 100 000 recrutements seront nécessaires en France au cours de la prochaine décennie, un chiffre estimé à 1,4 million d’emplois à l’échelle européenne. Le sommet a également permis de souligner l’importance de la recherche scientifique, illustrée par le projet international ITER, destiné à démontrer la faisabilité de l’exploitation de la fusion nucléaire.

