L’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran s’est intensifiée avec une nouvelle vague de frappes sur Téhéran, Ispahan et d’autres grandes agglomérations. Alors que le bilan humain dépasse les 2 000 morts depuis le début du conflit le 28 février, les bombardements visent désormais des secteurs stratégiques précis, fragilisant directement le quotidien de la population civile.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les raids ont causé des dégâts considérables aux installations de Tofigh Darou, situées dans la zone industrielle de Vardavard, à l’ouest de la capitale. Cette entreprise pharmaceutique majeure a été la cible de multiples projectiles, peu après que l’armée israélienne a diffusé une carte aérienne intimant aux civils d’évacuer le périmètre.
L’impact de cette destruction est immédiat : sous le coup des sanctions américaines, l’Iran produit localement plus de 90 % de ses médicaments. L’usine visée est l’un des principaux fournisseurs d’ingrédients actifs pour des traitements lourds, notamment les anticancéreux et les médicaments immunomodulateurs utilisés contre la sclérose en plaques.
Outre le secteur médical, l’offensive s’étend à de multiples installations à travers le pays, allongeant la liste des infrastructures stratégiques touchées. À Ispahan, dans le centre de l’Iran, de lourdes bombes anti-bunker ont été larguées sur une zone montagneuse abritant des bases militaires, provoquant des explosions secondaires massives. Dans le nord-ouest, à Zanjan, un bâtiment administratif du centre religieux Hosseinieh Azam a été détruit, tuant au moins quatre personnes. Les frappes de la semaine ont également ciblé des sites nucléaires civils, des usines pétrochimiques, des aciéries, ainsi que l’Université des sciences et technologies d’Iran. Le président américain Donald Trump a par ailleurs menacé de détruire les infrastructures pétrolières, gazières, et potentiellement toutes les usines de dessalement d’eau du pays.
Face à cette campagne, les commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) maintiennent une position de confrontation. En représailles, une attaque de drone iranien a provoqué un incendie sur un pétrolier koweïtien au port de Dubaï. Le CGRI a également diffusé des images de tirs de missiles balistiques vers Israël et affirmé avoir abattu deux drones américains MQ-9 Reaper. Ali Fadavi, haut commandant du CGRI, a déclaré à la télévision d’État que les navires américains constituaient le point de vulnérabilité majeur de leurs adversaires.
Sur le plan intérieur, les autorités iraniennes ont durci les mesures sécuritaires. Le pouvoir judiciaire a confirmé l’exécution par pendaison de deux membres armés de l’Organisation des Moudjahiddines du Peuple (MEK). Parallèlement, le porte-parole de la justice, Alireza Jahangir, a annoncé l’inculpation de 200 personnes accusées d’avoir filmé les frappes aériennes pour transmettre les images à des médias étrangers. Ces actes sont passibles de la peine de mort et de la confiscation totale des biens.
Dans ce climat d’extrême tension, le président Masoud Pezeshkian a tenu son premier conseil des ministres depuis le début de la guerre dans un lieu tenu secret et sommairement aménagé. Il a réaffirmé que toute décision concernant une éventuelle fin du conflit se ferait en garantissant la sécurité de la nation, tout en maintenant les exigences de Téhéran en matière de garanties et de réparations.


