La région centrale du Nigeria a de nouveau basculé dans la violence ce week-end. Une incursion armée menée samedi en fin d’après-midi dans l’État de Benue a causé la mort de plusieurs civils, ravivant les tensions chroniques qui secouent cette zone.
Le drame s’est déroulé dans le village de Mbalom, situé dans la zone de gouvernement local de Gwer East. Vers 17 heures, des individus armés ont fait irruption dans la localité. « Les assaillants sont arrivés […] et tiraient dans tous les sens », a témoigné Terseer Ngutor, un habitant joint par téléphone, expliquant que les rescapés n’ont pu chercher leurs proches qu’après le départ du commando. Ce dernier, à l’instar d’un autre résident nommé Gbade John, fait état d’un bilan de 17 personnes tuées au cours de l’assaut, ainsi que de nombreux blessés.
Du côté des autorités, l’attaque a été confirmée par Tersoo Kula, porte-parole du gouvernement de l’État de Benue. S’il atteste qu’il y a « certainement eu des victimes », les services officiels procèdent encore aux évaluations et n’ont pas communiqué de chiffre définitif. Le gouverneur Hyacinth Alia a fermement condamné cette expédition punitive, qualifiant l’acte de « barbare » et imputant la responsabilité à des « éleveurs armés présumés ».
Comme le souligne IGFM, relayant les informations de l’AFP, l’État de Benue se trouve dans une zone régulièrement en proie à des conflits meurtriers. Ces violences opposent fréquemment des agriculteurs sédentaires à des éleveurs nomades autour de l’exploitation des terres et des ressources naturelles. À cette instabilité foncière s’ajoute la menace des groupes armés locaux, communément appelés « bandits », qui multiplient les enlèvements contre rançon dans la région.

