La métropole de Los Angeles, aux États-Unis, abrite la plus importante communauté iranienne en dehors de l’Iran. Alors que les tensions militaires s’intensifient au Moyen-Orient, cette diaspora observe les événements avec une attention particulière. Sur le terrain, la réponse aux récentes opérations militaires se traduit par une division marquée au sein de la population.
Dans l’ouest de la ville, un secteur souvent surnommé « Tehrangeles » en raison de sa forte concentration de commerces et d’établissements culturels iraniens, des rassemblements se sont formés pour soutenir les frappes américaines. Les participants, brandissant pour certains les drapeaux de l’ancienne monarchie, appellent ouvertement à un changement de régime à Téhéran. Pour cette frange de la communauté, la campagne de bombardements représente une possibilité de voir chuter le gouvernement actuel.
À quelques kilomètres de là, devant l’hôtel de ville de Los Angeles, un autre groupe a porté un message strictement inverse. Sous le mot d’ordre « Pas touche à l’Iran », ces manifestants ont dénoncé les décisions de Donald Trump. Ils redoutent que l’intervention militaire des États-Unis et d’Israël, qui a déjà déclenché une crise régionale majeure, ne finisse par dévaster l’ensemble du Moyen-Orient et n’aggrave les souffrances d’une population civile subissant déjà les sanctions économiques.
Selon les données rapportées par la chaîne Al Jazeera, environ 375 000 personnes d’origine iranienne résident en Californie. Au-delà de ces deux postures antagonistes, un sentiment d’anxiété traverse l’ensemble de la communauté. Les témoignages recueillis par Al Jazeera illustrent cette complexité. Sam Golzari, un résident participant aux rassemblements contre le gouvernement iranien, décrit une situation sans équilibre : s’il souhaite la fin du régime en place à Téhéran, il affirme simultanément ne pas faire confiance à Donald Trump ni à Israël pour agir dans le véritable intérêt du peuple iranien.


