L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a déclaré qu’il ne s’opposerait pas à une expansion territoriale israélienne englobant une grande partie du Moyen-Orient. Nommé par Donald Trump, le diplomate a fondé sa vision géopolitique sur des interprétations religieuses, ciblant des espaces appartenant actuellement à plusieurs nations souveraines.
Lors d’un entretien diffusé vendredi avec le commentateur conservateur Tucker Carlson, la question des frontières d’Israël a été abordée. Selon la chaîne Al Jazeera, le journaliste a rappelé que les promesses bibliques faites aux descendants d’Abraham s’étendent du fleuve Euphrate en Irak jusqu’au Nil en Égypte. Cette délimitation géographique englobe le Liban actuel, la Syrie, la Jordanie ainsi que des portions de l’Arabie saoudite. « Ce serait très bien s’ils prenaient tout », a affirmé Mike Huckabee.
Face à la surprise de son interlocuteur concernant une potentielle expansion sur l’ensemble de la région, l’ambassadeur a nuancé son propos en précisant que les Israéliens « ne veulent pas s’en emparer » et « ne le demandent pas ». L’émissaire américain a par la suite qualifié sa déclaration de « quelque peu hyperbolique », tout en maintenant une ouverture basée sur son interprétation religieuse. « S’ils finissent par être attaqués par tous ces endroits, qu’ils gagnent cette guerre et qu’ils prennent ces terres, d’accord, c’est une toute autre discussion », a-t-il ajouté. Le département d’État américain n’a pas donné suite aux requêtes d’Al Jazeera visant à savoir si le secrétaire d’État Marco Rubio partageait cette position.
Cette vision s’inscrit en opposition avec le droit international, qui interdit l’acquisition de territoires par la force, un principe réaffirmé en 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ) concernant l’occupation des territoires palestiniens. Mike Huckabee a justifié sa position en s’attaquant directement à ces juridictions. Il a affirmé que Donald Trump et Marco Rubio s’efforcent de se débarrasser de la Cour pénale internationale (CPI) et de la CIJ, qu’il qualifie d’« organisations voyous » n’appliquant plus le droit de manière équitable.
L’idée d’un « Grand Israël » est ouvertement promue par certains responsables politiques israéliens, à l’image du ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui avait présenté en 2023 une carte intégrant les territoires palestiniens et des parties du Liban, de la Syrie et de la Jordanie.
L’ambassadeur a également assumé sa récente rencontre avec Jonathan Pollard, un ancien analyste civil de la marine américaine condamné pour espionnage au profit d’Israël pendant la guerre froide. Libéré après 30 ans de prison et installé en Israël depuis 2020, ce dernier n’a jamais exprimé de regrets et a appelé en 2021 les employés juifs des agences de sécurité américaines à espionner pour Israël. Bien que Mike Huckabee affirme ne pas partager ces opinions, il a confirmé avoir reçu l’ancien espion à l’ambassade des États-Unis à Jérusalem sur demande de ce dernier. « Je l’ai fait, et franchement, je ne le regrette pas », a-t-il conclu.


