Le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération vient de rendre public son document intitulé « Sénégal : Développements économiques récents et Perspectives ». Si les indicateurs macroéconomiques globaux affichent une dynamique positive pour l’année en cours, l’analyse détaillée des données met en évidence des déséquilibres persistants et anticipe une contraction marquée à très court terme.
Selon les éléments du rapport relayés par Sud Quotidien, l’année 2025 se caractérise par une accélération de l’activité. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel est estimée à 6,7 %, en légère hausse par rapport aux 6,5 % enregistrés en 2024. Cette progression est essentiellement portée par la reprise du secteur agricole et par la contribution du secteur secondaire, directement stimulée par le démarrage de la production d’hydrocarbures.
Derrière cette performance globale, le document ministériel relève toutefois un ralentissement continu des secteurs productifs traditionnels. La croissance hors agriculture et hydrocarbures s’est établie à seulement 1,6 % en 2025. Cette donnée confirme une tendance baissière ininterrompue depuis 2017 sur ces segments de l’économie.
Sur le volet budgétaire, un ajustement majeur a été opéré sur les finances publiques. Le déficit est passé de 13,7 % du PIB en 2024 à 6,2 % en 2025, une réduction obtenue par une forte compression des investissements publics et des transferts courants. Parallèlement, la hausse des exportations pétrolières a permis de réduire le déficit de la balance commerciale de 8,5 points de PIB.
La question de la dette constitue un autre point de vigilance soulevé par le rapport. Bien que le ratio d’endettement ait entamé une phase descendante, passant de 121,3 % du PIB en 2024 à 116,2 % en 2025, sa soutenabilité est toujours jugée incertaine. Le risque de tensions sur la dette souveraine reste élevé à moyen terme. Pour préserver l’équilibre, le maintien d’une croissance moyenne estimée à 4,3 % entre 2027 et 2031 sera nécessaire, couplé à la poursuite des efforts de consolidation budgétaire.
Enfin, les projections pour l’année 2026 indiquent un net coup de frein. La croissance attendue devrait chuter à 2,5 %, une décélération expliquée par l’atténuation de l’effet de base lié au lancement de la production d’hydrocarbures. Pour compenser ce ralentissement face aux incertitudes géopolitiques mondiales et aux conditions de financement international, les autorités tablent sur l’impact économique de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse et sur la mobilisation effective des ressources du Programme de redressement économique et social (PRES).


