Alors que les combats s’intensifient sur le terrain avec de nouvelles frappes meurtrières de part et d’autre de la frontière, les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit entre Kiev et Moscou se heurtent à un mur.
Les dernières 24 heures ont été marquées par une flambée de violence. Dans le nord-est de l’Ukraine, les frappes aériennes russes ont coûté la vie à au moins quatre personnes et fait onze blessés, selon le gouverneur régional de Kharkiv, Oleh Syniehubov. Les attaques ont ciblé la ville de Kharkiv ainsi que onze autres localités environnantes. Dans la région de Soumy, un raid nocturne mené par un drone a frappé un immeuble résidentiel de seize étages, blessant onze personnes, dont un enfant. Les services d’urgence ukrainiens ont procédé à l’évacuation rapide des résidents pour maîtriser l’incendie qui s’était déclaré dans le bâtiment.
Face à ces offensives, l’armée de l’air ukrainienne a annoncé avoir abattu ou neutralisé 260 des 286 drones russes lancés durant la nuit vers le nord, le sud, l’est et le centre du pays.
De l’autre côté de la frontière, le territoire russe a également essuyé des attaques. Le gouverneur de la région méridionale de Rostov, Yury Slyusar, a fait état d’un mort et de quatre blessés graves – trois Russes et un ressortissant étranger – à la suite de frappes de drones et de missiles sur la ville portuaire de Taganrog. Un missile a notamment touché une installation commerciale, provoquant un incendie. Par ailleurs, des débris de drones se sont abattus sur un navire cargo battant pavillon étranger dans la mer d’Azov, une voie maritime cruciale pour le transport industriel.
Sur le plan politique, la situation reste totalement figée. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les États-Unis, la Russie et l’Ukraine ont tenu cette année trois sessions de pourparlers trilatéraux de haut niveau à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) et à Genève (Suisse). Cependant, un quatrième round prévu le mois dernier a dû être reporté en raison de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
Les discussions achoppent invariablement sur la question territoriale. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait récemment proposé une trêve à l’occasion de Pâques, une initiative rejetée par le ministère russe des Affaires étrangères qui l’a qualifiée de simple opération de communication. Moscou conditionne la paix à la cession d’un cinquième de la région du Donbass, une exigence fermement repoussée par Kiev. Les autorités ukrainiennes, s’appuyant sur leur Constitution, estiment pouvoir maintenir leurs lignes de défense face à la lenteur des avancées russes sur le front.


