L’extension du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran continue d’impacter les pays de la région. Face aux récentes frappes iraniennes touchant plusieurs États voisins, le gouvernement qatari a officiellement pris position, alertant sur les conséquences de ces opérations tout en apportant son soutien à une nouvelle initiative diplomatique pour mettre fin aux hostilités.
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a déclaré que Téhéran avait franchi « de nombreuses lignes rouges » lors de ses attaques continues contre les pays de la région. Lors d’une conférence de presse tenue mardi et relayée par la chaîne Al Jazeera, le responsable a souligné que ces opérations militaires avaient un « effet catastrophique sur les relations entre les deux pays ». Il a également exhorté l’ensemble des belligérants à épargner les infrastructures nucléaires et énergétiques, précisant que toute escalade supplémentaire se traduirait par des pertes accrues pour toutes les parties impliquées.
Depuis le lancement des attaques conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran à la fin du mois de février, Téhéran a ciblé divers pays, parmi lesquels le Qatar, l’Irak, la Syrie, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, la Jordanie et le Koweït. Si les autorités iraniennes affirment ne viser que les installations américaines situées dans la région et non les États eux-mêmes, les pays touchés ont fermement condamné ces actes. Ces frappes ont causé des dommages matériels importants aux infrastructures civiles, notamment aux aéroports, aux installations énergétiques et aux ports, tout en faisant des victimes.
Contrairement à son implication habituelle dans les dossiers régionaux, notamment lors de la guerre à Gaza, le Qatar n’assure pas la médiation directe dans cette crise. Majed al-Ansari a indiqué que Doha soutient pleinement les efforts diplomatiques entrepris par le Pakistan. Islamabad, qui partage une frontière avec l’Iran, a récemment mené des discussions quadripartites avec la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Égypte. Mardi, le Pakistan et la Chine ont conjointement publié une initiative en cinq points visant à restaurer la paix.
Ce plan appelle à une cessation immédiate des hostilités et à l’ouverture de pourparlers. Il insiste sur la préservation de la souveraineté et de la sécurité de l’Iran et des États du Golfe, tout en exigeant la protection des cibles non militaires et la sécurisation du transport maritime, y compris dans le détroit d’Ormuz.
Parallèlement à ces tractations diplomatiques, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a fait savoir mardi que si Washington poursuivait les discussions avec l’Iran, l’option d’une escalade militaire restait maintenue sur la table.


